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__________CHAPITRE 09 : Versöhnung (Réconciliation)
Partie O1:
Je cours. Mes poumons me font mal. Un picotement m'atteint à chaque inspiration. Ils viennent. Mon c½ur va si vite que je suis pris d'un vertige. Mais je ne peux pas m'arrêter. Ils sont de plus en plus près. Ils se moquent de moi. Ils veulent m'exposer à leur dérision. Ils me haïssent. Ma respiration devient saccadée. Une veine cogne dans ma tête. Ils sont encore plus près. Ils vont m'avoir. Mais ils ne peuvent pas m'attraper. Ils ne peuvent pas me prendre mon bébé. Mon rythme cardiaque accélère encore.
Jusqu'à ce que le son d'un coup frappé m'arrache au monde des rêves et mette fin au cauchemar horrible. J'ouvre les yeux d'un seul coup. Pendant que je perçois le dérangement indésirable avec méfiance, je me rends compte que malheureusement je dois m'être endormi contre la porte. Mon regard tombe sur le ciel derrière les volets, de l'autre coté de la pièce. Les rayons du soleil tombent du haut vers le bas, presque verticalement. Il doit déjà être midi. Ai-je dormi si longtemps ?
Le coup à la porte réitéré me stoppe dans mes pensées.
-« Bill, tu es là ? »
Il est là. Il est venu à cause de moi. Tom !
Mon c½ur fait un bond, si énorme qu'un vertige me prend devant tant de soulagement. Plus vite que ma circulation le pouvait certainement, je me retrouve sur mes jambes et ouvre précipitamment la porte.
Il est là. Son visage peint d'incertitude. Aucune trace de rage ou autres. Ses yeux bruns n'ont pas perdu la chaleur avec laquelle ils m'ont toujours regardé. Je n'arrive pas à le croire. Ma bouche s'est ouverte et je n'ai pas pu en sortir un mot. Il est vraiment là. Bien que ce soit *moi* qui devrait lui courir après. Parce que je l'ai frappé. Mais il est là. Il est venu malgré tout jusqu'ici. Seulement pour moi et par ma faute.
-« Tom. »
Son nom sucré coule comme de l'huile sur mes lèvres pécheresses.
-« Tu t'es calmé ? »
Je ne perçois aucun reproche dans ses mots. Aucune colère.
Seulement de la nostalgie. Je lui ai manqué. A moi aussi il a manqué.
-« Oui. »
Ma réponse prononcée doucement est emplie de ma faute et d'excuses. Mes yeux, un peu vitreux, doivent lui montrer à quel point je lui suis reconnaissant de sa présence.
Il écarte les bras. Et dans un délai d'une demi seconde, je me trouve entre ceux-ci, mon corps serré au sien et mes mains attachées à ses omoplates. Je suis encore incapable de stopper mes émotions.
-« Je suis désolé. Je suis désolé Tommi. »
Son odeur familière m'attire et me force à me rapprocher encore plus pour glisser mon visage dans son cou, totalement ensorcelé.
-« Pardonne moi s'il te plait. Je ne voulais vraiment pas faire ça. »
Ses mains caressent mon dos en signe de réponse et me donnent cette chaleur qui me manquait tant, me faisant prendre conscience que je ne peux pas vivre sans mon jumeau.
-« C'est déjà fait, mon c½ur. »
Sa rémission dissout tous les doutes que j'avais encore quelques minutes avant sur notre lien. Nous sommes encore un. Je m'accroche au corps de mon frère comme si je me noyais, mort de peur à l'idée que je pourrais me réveiller à chaque instant. Mais ce n'est pas un rêve. Tom est bien là. Il est là et me tient dans ses bras protecteurs, comme si rien n'était jamais arrivé. Comme si tout était normal.
-« Nous devrions rentrer avant que quelqu'un nous voie. » chuchote t-il silencieusement à mon oreille.
Je me détache et lui jette un regard plus que reconnaissant avant de rentrer. Tom ferme la porte et me regarde. Silence. Lentement il se rapproche et s'arrête face à moi. Nous jouissons de notre silence en tête-à-tête. Une brume de tendresse nous enveloppe comme une bulle de savon dans laquelle il n'y a que l'amour que nous avons l'un pour l'autre.
Alors, comme si quelqu'un nous avait murmuré l'ordre à l'oreille, nous nous rapprochons simultanément jusqu'à ce que nos lèvres se touchent. Je ferme les yeux et sens les mains de Tom dans mon dos pendant que les miennes s'accrochent à son t-shirt, le pétrissant. Ce n'est pas un baiser langoureux. Au contraire. Une preuve de d'amour après la dispute. Nous sentons la chaleur, la douceur, l'odeur ensorcelante de notre jumeau. C'est de ça que nous partons. Ici, c'est la perfection. L'harmonie se répand autour de nous, et nous nous détachons pour la retrouver dans nos yeux. Le regard chaud de Tom est ombré de mélancolie.
-« L'interview a lieu dans une demi heure. »
-« Quoi ? Il est déjà si tard ? »
Il acquiesce, ce qui augmente seulement ma déception.
-« On doit partir dès maintenant ? »
A nouveau, il acquiesce.
J'essaie de maintenir ma tristesse secrète. J'avais pensé pouvoir prendre quelques minutes tout au plus pour oublier l'épée de Damoclès qui risque de nous tomber dessus dans peu de temps, en détruisant nos vies et notre carrière. Mais on ne peut pas. Soudain, je sens les lèvres de Tom sur mon front, puis son souffle qui réchauffe ma peau, la brûlant presque. Il sourit.
-« Hey, ne fais pas ce petit visage triste, mon ange. »
Ma main trouve sa joue, mon pouce caresse sa peau douce avec toute la tendresse que je peux avoir pour Tom. Alors je souris aussi. Faire bonne figure. Celle-ci évince tout ce qui me tracasse pour le moment.
-« Je dois me remaquiller. Tu m'attends ? »
-« Bien sûr. » dit-il en ricanant, et soulevant les sourcils dans ce mouvement légendaire qu'il possède. Il le fait comme personne. Typiquement Tom.
Quelques minutes plus tard, une couche de fond de teint, une couche de gloss, deux tâches noires sous les paupières et un peu de rouge aux joues et je peux observer le visage soulagé de jeune fille de mon reflet. J'aurais dû le savoir, me dis-je involontairement. J'aurais du me regarder correctement dans le miroir. Et prendre les remarques méchantes des autres au sérieux. Maintenant, il est trop tard. Trop tard.
Partie O2:
Avant que la mélancolie ne m'atteigne et que le désespoir me prenne, je fais demi-tour. Tom qui attend dans le pièce voisine m'accueille avec un long baiser sincère. Cette mélancolie cède, laissant place à l'harmonie. Si on peut l'appeler comme ça dans ma situation. Quand notre baiser s'interrompt, je plonge dans le regard de Tom. J'ai honte d'avoir osé me sentir en harmonie. Ca ne va pas. Je vais mettre en péril Tokio Hotel. Ma famille. Tom.
C'était présomptueux de ressentir ça.
-« Viens, maintenant. »
Mon frère me suit, dépité. Je suis si désolé pour lui. Il n'a pas le moindre pressentiment de ce qui nous attend bientôt.
-« Hey, les gars. »
Une voix familière attire notre attention, et quelques instants plus tard, notre producteur se trouve devant nous. Aussi appelé David Jost.
-« Qu'est-ce qu'il y a ? » dit mon frère.
-« Je viens de m'entretenir avec quelqu'un au téléphone. »
-« C'est cool pour toi. »
-« Tom ! »
Mon frère reçoit un regard accusateur de ma part. Il n'a jamais particulièrement eu d'atomes crochus avec David Jost. Mais depuis que nous sommes ensemble il est devenu agressif, à cause de son instinct protecteur. Ce qui ne vas pas du tout en ce moment. Tom ne connaît parfois pas ses limites.
-« Maintenant dis nous avec qui. »
Notre producteur ignore le numéro moqueur de mon grand frère qui continue.
-« Avec ta mère ? » dit-il, blessant, en ricanant.
-« Non, avec la tienne. »
Les deux sont pleins d'arrogance. Je me trouve coincé là. Qu'est-ce que j'ai bien pu faire ? A part le fait que je suis incestueux, sois des deux sexes et porte l'enfant de mon frère ... je n'ai rien à me reprocher.
Et pourtant, c'est déjà trop.
-« Qu'est-ce qu'elle voulait ? »
Maintenant David se tourne vers, les traits détendus.
-« Nous avons parlé de faire une pause. »
-« Une pause ?! »
Notre exclamation étonnée résonne dans le couloir, et mes yeux écarquillés sont certainement plus incrédules que la bouche ouverte de Tom.
Une pause ? Maman lui a mis la pression ? En tout cas, je l'en crois tout à fait capable. Elle n'a jamais apprécié que nous soyons longtemps sur la route. Surtout parce qu'elle sait que ma santé en souffre souvent.
L'intonation amusée de David me fait revenir à la réalité.
-« Vous faites comme si vous n'aviez jamais encore prononcé ce mot. Mais, il existe. Elle voulait que vous rentriez quelques jours à la maison. Elle vous veut pour Halloween. »
-« Et qu'est-ce que tu lui as dit ? »
Tom crève presque de curiosité. Notre producteur nous tient un long moment sous la torture, jusqu'à ce qu'enfin ses sourcils se lèvent et rendent son visage plus jeune.
-« Je devais libérer les quelques jours qu'elle souhaite. Qu'aurais-je pu répondre d'autre à une mère aussi attentionnée ? Chaque mot serait insupportable. »
Il a bien fait, c'est évident. Notre mère peut être très virulente en ce qui concerne ses enfants. Et sous la connaissance du retour à la maison, une immense joie nous gagne. Le visage de Tom commence presque déjà à rayonner de bonheur.
-« Wow ! Ca, c'est ce qu'on appelle une bonne nouvelle ! »
Au début, je voulais partager son enthousiasme mais l'épée de Damoclès qui balance sur moi me coupe dans mon élan. Maman. Comment elle réagira ? Aura t- elle une expression dégoûtée sur son visage quand elle saura ce que j'ai fait, et connaîtra le fruit que je porte en moi ? Oh Dieu. Je ne veux absolument pas y penser. Une main sur mon épaule me fait sursauter, et je vois le visage aimable de David.
-« Hey, ça ne va pas ? Tu ne te réjouis pas de rentrer chez toi ? Je pensais que je pourrais vous faire plaisir. »
-« Euh ... naturellement, je me réjouis. C'est juste ... juste que je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit et je suis un peu fatigué. »
Dans l'impasse, je jette un regard à mon frère, cherchant de l'aide, et aperçoit sa mine agacée qui fixe la main de notre producteur sur mon épaule et qui le coupe très certainement de tout ce qui l'entoure.
-« Ca fera du bien à Bill de rentrer quelques jours chez nous. » dit-il finalement, les lèvres serrées.
David éclate de rire en me donnant une petite tape sur l'épaule avant de laisser retomber sa main.
-« Oui, mais aujourd'hui l'heure de dédicace tient toujours. Donc vous devrez encore prendre sur vous-mêmes malheureusement. »
Il n'aurait pas pu mieux l'exprimer.
Encore des heures d'ennui, encore des autographes jusqu'à ne plus sentir ses doigts, encore des déclarations d'amour à refuser et encore ces cris constants. Je n'en peux plus. Toute cette foire de fans me pousse doucement à la folie. Elles sourient toujours. Et il faut toujours paraître comme elles le souhaitent : célibataire et cent pour cent hétéro.
Et à peine une demi heure plus tard : le cauchemar devient vrai. Enfin pour ma part. La grande salle avec les innombrables poussées de fans qui ont pour effet de me faire m'écraser sur ma chaise à côté de mon grand frère. Les cris sont plus forts autour de nous depuis qu'on a commencé. Des orages de flashs. Les agents de sécurité ont à user de toutes leurs forces pour maintenir la horde de folles alias notre communauté de fans. Dans la trop forte confusion, je regarde à contrecoeur, sans pouvoir m'en détacher, l'horrible spectacle. Je sais que ce n'est pas la première fois que je vois ça. Et j'ai peur à chaque fois. Maintenant encore.
Je respire profondément pour tenter de me calmer, mais des milliers de parfums mélangés à la sueur ambiante n'arrange absolument pas les choses. Je jette un regard à gauche, à Georg, puis à droite, à Tom et Gustav. Ils paraissent aussi détendus que moi. Donc absolument pas. Ce spectacle d'amour écrasant ne les laisse pas insensibles non plus.
Ma main trouve son chemin sous la table et se pose sur le bras de Tom. Il me lance un regard discret. Alors, il prend ma main et croise nos doigts. Un petit geste qui remplit tout à fait son rôle. Une onde de calme me parcoure au moment même où nos mains se sont touchées, et se dévorent l'une l'autre. Personne ne peut le voir. Personne ne se doute que notre liaison est bien plus forte que ce qu'on veut bien montrer. David se met en avant et prononce un petit discours de bienvenue en notre nom. Quand il termine, le son devient encore plus fort et aiguë.
Désormais, les fans ne sont plus retenues et se pressent contre la longue table en plaquant livres, articles de fans et autres objets devant nous avec des déclarations d'amour, louanges ou autres éloges. Les G's et Tom semblent déjà dans leur routine. Nos mains se détachent déjà. Je place le sourire de circonstance sur mes lèvres, pour paraître comme toujours, aimable aux fans.
Le plus souvent, elles sont plus jeunes que nous. Certaines porteraient encore des couches. Mais elles ont déjà des exigences mauvaises comme 'Tom je veux un enfant de toi !' ou encore 'Bill épouse moi !' écrit sur le t-shirt et ce avec un grand sourire. Quel paradoxe. Pourtant, elles ne savent pas encore ce qu'elles veulent réellement. Elles ne sont même pas adultes.
Donc, je cesse de fixer ces paroles effrontées et me consacre totalement aux autographes et à la réponse à de courtes questions. La plupart sont des questions sur nos préférences face au sexe féminin. Quelle taille de poitrine ou de fesses, ou encore d'yeux et de caractère. Ou on attire l'attention discrètement sur certains traits de caractères qu'on apprécie. Bien que naturellement, ça n'ait aucun intérêt lors d'une première rencontre.
Mais que ne ferait t-on pas pour la popularité et tous ces autres avantages.
Partie O3:_____ New!
Après trois quarts d'heure passés, les cris n'ont pas cessé. Le timbre de voix criard de certaines fans devient désormais monotone, comme en bruit de fond. On dirait qu'elles veulent battre un quelconque record. Etrangement, je pense que beaucoup l'ont en tête.
Une nausée m'attaque soudainement l'estomac. C'est pas si grave, je devrais m'en remettre. Mais elle est là quand même. C'est à cause des circonstances. Le mélange de l'air sec, avec la vieille et nouvelle sueur, et les odeurs de parfums innombrables.
Une fille, peut-être un peu plus jeune que moi, se plante devant la table et papillonne des paupières, révélant une couleur d'iris différente de mes yeux, mais maquillés comme les miens. Même son style et ses cheveux sont une copie conforme de moi.
Je les lui tirerais volontiers. Comment vient-il à l'idée de ces filles de me prendre mon style ?
Le vertige se joint à la nausée.
-« Salut Bill. Tu es encore magnifique aujourd'hui. Tu peux écrire un autographe sur ce t-shirt, s'il te plait ? »
-« Bien sûr. » dis-je, énervé.
Mes doigts tremblent d'agacement sur le coton du maillot de la Fan.
-« Quand est-ce que vous revenez à Munich ? »
Ton accent bavarois ne fait qu'enfoncer mon vertige.
-« Aucune idée, je suis désolé. Je ne connais pas le plan de la tournée par c½ur. »
Tout commence à bouger.
-« Dommage. En tout cas je serais là et je vous suivrais. »
Tout commence à tourner.
-« Merci. A bientôt. »
-« Salut. »
Elle fait demi-tour et disparaît dans le tourbillon de gens qui tanguent autour de nous.
La fille suivante, corpulente et sans maquillage, d'où les milliers de boutons, se détache du flot et vient vers moi. Elle dit quelque chose, mais je suis incapable de comprendre.
Tout ce qui passe, c'est son front couvert de points rouges répugnants qui m'agresse visuellement. Elle s'estompe sous mes yeux alors que je m'affaisse sur moi-même, sans forces.
La dernière chose que j'entends et sens, ce sont des voix familières et des bras puissants qui me soutiennent.
Un bruit étrange me ramène dans le monde des vivants. Ca ressemble à un ronflement, mais moins fort. Plus bas et continu. J'ouvre les yeux et aperçois un plafond crème. La couleur cruelle me fait mal à la tête. Ensuite, je vois deux petits tuyaux qui soufflent l'oxygène dans mes narines. Je dois m'être évanoui.
Et ça ici ... c'est ... je regarde autour de moi, effrayé. Des murs crème dégoûtants, avec certains motifs abstraits encore plus horribles, des armoires blanches. Un hôpital ! Oh Dieu. Ils n'ont tout de même pas ... Non impossible, je n'ai eu qu'un petit évanouissement.
Mon regard s'arrête soudain sur un corps près de la fenêtre, silhouette plus que familière. J'aurais du savoir que Tom ne me laisserait jamais venir ici tout seul. Le simple fait qu'il soit là, à regarder par la fenêtre, me rassure.
Je décide d'observer mon frère, pour un court instant encore. Il ne s'arrête pas, il reporte son poids d'une jambe à l'autre constamment. Puis, il croise ses bras sur son torse. Comme à chaque fois qu'il veut mieux supporter une épreuve qui le pèse. Presque comme si cette pose l'aidait.
Je fixe la vitre dans laquelle son visage se reflète vaguement. Il mâche avec inquiétude la peau autour de son piercing. Les bruits métalliques qui en résultent me parviennent. Ca taperait sur les nerfs de n'importe qui, à la longue, mais pas moi. Peut-être aussi parce que chaque geste de mon frère me calme plus qu'autre chose.
-« Tom ... »
Je décide de stopper sa nervosité solitaire.
Il fait un demi tour - tout à fait contraire à sa pose précédente et - rapide vers moi.
-« Bill ... merde, je me suis fait tellement de soucis ! »
En deux enjambées, il est à côté de moi, et s'assoit sur mon lit tout près.
-« Comment tu te sens ? »
J'essaie lentement de sourire.
-« Mieux grand frère. »
-« Ca a été la folie quand tu es tombé. Les fans étaient hors d'elles. »
-« Mmh. »
-« David a pensé qu'il était grand temps que nous ayons une pause de quelques jours. »
Ses yeux errent attentivement sur mon visage. J'hoche la tête, d'un air las. Il examine également ce geste.
Ca doit probablement venir de la grossesse, cet évanouissement. Grossesse.
Je fais fondre le mot sur ma langue.
-« Nous serons à la maison dès ce soir. »
Je le regarde et hausse un sourcil.
-« Quoi ? Dès ce soir ? »
Tom hoche la tête presque respectueusement.
-« Et nous aurons enfin un peu de temps ... pour nous. »
Pour nous. Il dit cela avec tellement de calme, en chuchotant quasiment, le regard solidement ancré dans mes yeux, que j'en ai un frisson. Je ne parviens pas à me souvenir, quand on pouvait passer plusieurs jours au calme. Nous étions constamment surchargés de dates.
Maintenant cependant, il faut sortir d'ici indemne. Et sans examens !
-« Tommi ? »
-« Hmm ? »
-« Qu'est-ce que le médecin a dit ? Quel est son diagnostic ? »
Mon frère fronce brièvement les sourcils.
-« Il pense que tu es simplement surmené. Ca arrive souvent aux Stars apparemment. »
-« Il a fait des examens ? »
-« Non, je crois qu'il a seulement pris ta tension et fait quelques broutilles. »
J'émets un soupir de soulagement. Dieu soit loué.
-« Quand est-ce que je pourrais sortir ? »
Tom rie tendrement à ma demande.
-« Je vais chercher le médecin. Je fais vite. »
-« Okay, merci. »
Je souris faiblement. Et déjà, il a disparu de la pièce stérile et affreusement claire. A la maison.
Il ne me reste qu'à espérer que les choses aillent mieux. Sinon je vais devenir fou.
J'ai déjà perdu de toute façon. Dans un combat que je ne pourrais jamais remporter.
Gros bisous <3