n# 09. Kιи∂ Dєя S¢нαи∂є - Chapitre 09

n# 09. Kιи∂ Dєя S¢нαи∂є - Chapitre 09
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__________CHAPITRE 09 : Versöhnung (Réconciliation)




Partie O1:

Je cours. Mes poumons me font mal. Un picotement m'atteint à chaque inspiration. Ils viennent. Mon c½ur va si vite que je suis pris d'un vertige. Mais je ne peux pas m'arrêter. Ils sont de plus en plus près. Ils se moquent de moi. Ils veulent m'exposer à leur dérision. Ils me haïssent. Ma respiration devient saccadée. Une veine cogne dans ma tête. Ils sont encore plus près. Ils vont m'avoir. Mais ils ne peuvent pas m'attraper. Ils ne peuvent pas me prendre mon bébé. Mon rythme cardiaque accélère encore.
Jusqu'à ce que le son d'un coup frappé m'arrache au monde des rêves et mette fin au cauchemar horrible. J'ouvre les yeux d'un seul coup. Pendant que je perçois le dérangement indésirable avec méfiance, je me rends compte que malheureusement je dois m'être endormi contre la porte. Mon regard tombe sur le ciel derrière les volets, de l'autre coté de la pièce. Les rayons du soleil tombent du haut vers le bas, presque verticalement. Il doit déjà être midi. Ai-je dormi si longtemps ?
Le coup à la porte réitéré me stoppe dans mes pensées.
-« Bill, tu es là ? »
Il est là. Il est venu à cause de moi. Tom !
Mon c½ur fait un bond, si énorme qu'un vertige me prend devant tant de soulagement. Plus vite que ma circulation le pouvait certainement, je me retrouve sur mes jambes et ouvre précipitamment la porte.
Il est là. Son visage peint d'incertitude. Aucune trace de rage ou autres. Ses yeux bruns n'ont pas perdu la chaleur avec laquelle ils m'ont toujours regardé. Je n'arrive pas à le croire. Ma bouche s'est ouverte et je n'ai pas pu en sortir un mot. Il est vraiment là. Bien que ce soit *moi* qui devrait lui courir après. Parce que je l'ai frappé. Mais il est là. Il est venu malgré tout jusqu'ici. Seulement pour moi et par ma faute.
-« Tom. »
Son nom sucré coule comme de l'huile sur mes lèvres pécheresses.
-« Tu t'es calmé ? »
Je ne perçois aucun reproche dans ses mots. Aucune colère.
Seulement de la nostalgie. Je lui ai manqué. A moi aussi il a manqué.
-« Oui. »
Ma réponse prononcée doucement est emplie de ma faute et d'excuses. Mes yeux, un peu vitreux, doivent lui montrer à quel point je lui suis reconnaissant de sa présence.
Il écarte les bras. Et dans un délai d'une demi seconde, je me trouve entre ceux-ci, mon corps serré au sien et mes mains attachées à ses omoplates. Je suis encore incapable de stopper mes émotions.
-« Je suis désolé. Je suis désolé Tommi. »
Son odeur familière m'attire et me force à me rapprocher encore plus pour glisser mon visage dans son cou, totalement ensorcelé.
-« Pardonne moi s'il te plait. Je ne voulais vraiment pas faire ça. »
Ses mains caressent mon dos en signe de réponse et me donnent cette chaleur qui me manquait tant, me faisant prendre conscience que je ne peux pas vivre sans mon jumeau.
-« C'est déjà fait, mon c½ur. »
Sa rémission dissout tous les doutes que j'avais encore quelques minutes avant sur notre lien. Nous sommes encore un. Je m'accroche au corps de mon frère comme si je me noyais, mort de peur à l'idée que je pourrais me réveiller à chaque instant. Mais ce n'est pas un rêve. Tom est bien là. Il est là et me tient dans ses bras protecteurs, comme si rien n'était jamais arrivé. Comme si tout était normal.
-« Nous devrions rentrer avant que quelqu'un nous voie. » chuchote t-il silencieusement à mon oreille.
Je me détache et lui jette un regard plus que reconnaissant avant de rentrer. Tom ferme la porte et me regarde. Silence. Lentement il se rapproche et s'arrête face à moi. Nous jouissons de notre silence en tête-à-tête. Une brume de tendresse nous enveloppe comme une bulle de savon dans laquelle il n'y a que l'amour que nous avons l'un pour l'autre.
Alors, comme si quelqu'un nous avait murmuré l'ordre à l'oreille, nous nous rapprochons simultanément jusqu'à ce que nos lèvres se touchent. Je ferme les yeux et sens les mains de Tom dans mon dos pendant que les miennes s'accrochent à son t-shirt, le pétrissant. Ce n'est pas un baiser langoureux. Au contraire. Une preuve de d'amour après la dispute. Nous sentons la chaleur, la douceur, l'odeur ensorcelante de notre jumeau. C'est de ça que nous partons. Ici, c'est la perfection. L'harmonie se répand autour de nous, et nous nous détachons pour la retrouver dans nos yeux. Le regard chaud de Tom est ombré de mélancolie.
-« L'interview a lieu dans une demi heure. »
-« Quoi ? Il est déjà si tard ? »

Il acquiesce, ce qui augmente seulement ma déception.
-« On doit partir dès maintenant ? »
A nouveau, il acquiesce.
J'essaie de maintenir ma tristesse secrète. J'avais pensé pouvoir prendre quelques minutes tout au plus pour oublier l'épée de Damoclès qui risque de nous tomber dessus dans peu de temps, en détruisant nos vies et notre carrière. Mais on ne peut pas. Soudain, je sens les lèvres de Tom sur mon front, puis son souffle qui réchauffe ma peau, la brûlant presque. Il sourit.
-« Hey, ne fais pas ce petit visage triste, mon ange. »
Ma main trouve sa joue, mon pouce caresse sa peau douce avec toute la tendresse que je peux avoir pour Tom. Alors je souris aussi. Faire bonne figure. Celle-ci évince tout ce qui me tracasse pour le moment.
-« Je dois me remaquiller. Tu m'attends ? »
-« Bien sûr. »
dit-il en ricanant, et soulevant les sourcils dans ce mouvement légendaire qu'il possède. Il le fait comme personne. Typiquement Tom.
Quelques minutes plus tard, une couche de fond de teint, une couche de gloss, deux tâches noires sous les paupières et un peu de rouge aux joues et je peux observer le visage soulagé de jeune fille de mon reflet. J'aurais dû le savoir, me dis-je involontairement. J'aurais du me regarder correctement dans le miroir. Et prendre les remarques méchantes des autres au sérieux. Maintenant, il est trop tard. Trop tard.


Partie O2:

Avant que la mélancolie ne m'atteigne et que le désespoir me prenne, je fais demi-tour. Tom qui attend dans le pièce voisine m'accueille avec un long baiser sincère. Cette mélancolie cède, laissant place à l'harmonie. Si on peut l'appeler comme ça dans ma situation. Quand notre baiser s'interrompt, je plonge dans le regard de Tom. J'ai honte d'avoir osé me sentir en harmonie. Ca ne va pas. Je vais mettre en péril Tokio Hotel. Ma famille. Tom.
C'était présomptueux de ressentir ça.
-« Viens, maintenant. »
Mon frère me suit, dépité. Je suis si désolé pour lui. Il n'a pas le moindre pressentiment de ce qui nous attend bientôt.
-« Hey, les gars. »
Une voix familière attire notre attention, et quelques instants plus tard, notre producteur se trouve devant nous. Aussi appelé David Jost.
-« Qu'est-ce qu'il y a ? » dit mon frère.
-« Je viens de m'entretenir avec quelqu'un au téléphone. »
-« C'est cool pour toi. »
-« Tom ! »

Mon frère reçoit un regard accusateur de ma part. Il n'a jamais particulièrement eu d'atomes crochus avec David Jost. Mais depuis que nous sommes ensemble il est devenu agressif, à cause de son instinct protecteur. Ce qui ne vas pas du tout en ce moment. Tom ne connaît parfois pas ses limites.
-« Maintenant dis nous avec qui. »
Notre producteur ignore le numéro moqueur de mon grand frère qui continue.
-« Avec ta mère ? » dit-il, blessant, en ricanant.
-« Non, avec la tienne. »
Les deux sont pleins d'arrogance. Je me trouve coincé là. Qu'est-ce que j'ai bien pu faire ? A part le fait que je suis incestueux, sois des deux sexes et porte l'enfant de mon frère ... je n'ai rien à me reprocher.
Et pourtant, c'est déjà trop.
-« Qu'est-ce qu'elle voulait ? »
Maintenant David se tourne vers, les traits détendus.
-« Nous avons parlé de faire une pause. »
-« Une pause ?! »

Notre exclamation étonnée résonne dans le couloir, et mes yeux écarquillés sont certainement plus incrédules que la bouche ouverte de Tom.
Une pause ? Maman lui a mis la pression ? En tout cas, je l'en crois tout à fait capable. Elle n'a jamais apprécié que nous soyons longtemps sur la route. Surtout parce qu'elle sait que ma santé en souffre souvent.
L'intonation amusée de David me fait revenir à la réalité.
-« Vous faites comme si vous n'aviez jamais encore prononcé ce mot. Mais, il existe. Elle voulait que vous rentriez quelques jours à la maison. Elle vous veut pour Halloween. »
-« Et qu'est-ce que tu lui as dit ? »

Tom crève presque de curiosité. Notre producteur nous tient un long moment sous la torture, jusqu'à ce qu'enfin ses sourcils se lèvent et rendent son visage plus jeune.
-« Je devais libérer les quelques jours qu'elle souhaite. Qu'aurais-je pu répondre d'autre à une mère aussi attentionnée ? Chaque mot serait insupportable. »
Il a bien fait, c'est évident. Notre mère peut être très virulente en ce qui concerne ses enfants. Et sous la connaissance du retour à la maison, une immense joie nous gagne. Le visage de Tom commence presque déjà à rayonner de bonheur.
-« Wow ! Ca, c'est ce qu'on appelle une bonne nouvelle ! »
Au début, je voulais partager son enthousiasme mais l'épée de Damoclès qui balance sur moi me coupe dans mon élan. Maman. Comment elle réagira ? Aura t- elle une expression dégoûtée sur son visage quand elle saura ce que j'ai fait, et connaîtra le fruit que je porte en moi ? Oh Dieu. Je ne veux absolument pas y penser. Une main sur mon épaule me fait sursauter, et je vois le visage aimable de David.
-« Hey, ça ne va pas ? Tu ne te réjouis pas de rentrer chez toi ? Je pensais que je pourrais vous faire plaisir. »
-« Euh ... naturellement, je me réjouis. C'est juste ... juste que je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit et je suis un peu fatigué. »

Dans l'impasse, je jette un regard à mon frère, cherchant de l'aide, et aperçoit sa mine agacée qui fixe la main de notre producteur sur mon épaule et qui le coupe très certainement de tout ce qui l'entoure.
-« Ca fera du bien à Bill de rentrer quelques jours chez nous. » dit-il finalement, les lèvres serrées.
David éclate de rire en me donnant une petite tape sur l'épaule avant de laisser retomber sa main.
-« Oui, mais aujourd'hui l'heure de dédicace tient toujours. Donc vous devrez encore prendre sur vous-mêmes malheureusement. »
Il n'aurait pas pu mieux l'exprimer.
Encore des heures d'ennui, encore des autographes jusqu'à ne plus sentir ses doigts, encore des déclarations d'amour à refuser et encore ces cris constants. Je n'en peux plus. Toute cette foire de fans me pousse doucement à la folie. Elles sourient toujours. Et il faut toujours paraître comme elles le souhaitent : célibataire et cent pour cent hétéro.

- - - - - - - - - - -

Et à peine une demi heure plus tard : le cauchemar devient vrai. Enfin pour ma part. La grande salle avec les innombrables poussées de fans qui ont pour effet de me faire m'écraser sur ma chaise à côté de mon grand frère. Les cris sont plus forts autour de nous depuis qu'on a commencé. Des orages de flashs. Les agents de sécurité ont à user de toutes leurs forces pour maintenir la horde de folles alias notre communauté de fans. Dans la trop forte confusion, je regarde à contrecoeur, sans pouvoir m'en détacher, l'horrible spectacle. Je sais que ce n'est pas la première fois que je vois ça. Et j'ai peur à chaque fois. Maintenant encore.
Je respire profondément pour tenter de me calmer, mais des milliers de parfums mélangés à la sueur ambiante n'arrange absolument pas les choses. Je jette un regard à gauche, à Georg, puis à droite, à Tom et Gustav. Ils paraissent aussi détendus que moi. Donc absolument pas. Ce spectacle d'amour écrasant ne les laisse pas insensibles non plus.
Ma main trouve son chemin sous la table et se pose sur le bras de Tom. Il me lance un regard discret. Alors, il prend ma main et croise nos doigts. Un petit geste qui remplit tout à fait son rôle. Une onde de calme me parcoure au moment même où nos mains se sont touchées, et se dévorent l'une l'autre. Personne ne peut le voir. Personne ne se doute que notre liaison est bien plus forte que ce qu'on veut bien montrer. David se met en avant et prononce un petit discours de bienvenue en notre nom. Quand il termine, le son devient encore plus fort et aiguë.
Désormais, les fans ne sont plus retenues et se pressent contre la longue table en plaquant livres, articles de fans et autres objets devant nous avec des déclarations d'amour, louanges ou autres éloges. Les G's et Tom semblent déjà dans leur routine. Nos mains se détachent déjà. Je place le sourire de circonstance sur mes lèvres, pour paraître comme toujours, aimable aux fans.
Le plus souvent, elles sont plus jeunes que nous. Certaines porteraient encore des couches. Mais elles ont déjà des exigences mauvaises comme 'Tom je veux un enfant de toi !' ou encore 'Bill épouse moi !' écrit sur le t-shirt et ce avec un grand sourire. Quel paradoxe. Pourtant, elles ne savent pas encore ce qu'elles veulent réellement. Elles ne sont même pas adultes.
Donc, je cesse de fixer ces paroles effrontées et me consacre totalement aux autographes et à la réponse à de courtes questions. La plupart sont des questions sur nos préférences face au sexe féminin. Quelle taille de poitrine ou de fesses, ou encore d'yeux et de caractère. Ou on attire l'attention discrètement sur certains traits de caractères qu'on apprécie. Bien que naturellement, ça n'ait aucun intérêt lors d'une première rencontre.
Mais que ne ferait t-on pas pour la popularité et tous ces autres avantages.



Partie O3:_____ New!

Après trois quarts d'heure passés, les cris n'ont pas cessé. Le timbre de voix criard de certaines fans devient désormais monotone, comme en bruit de fond. On dirait qu'elles veulent battre un quelconque record. Etrangement, je pense que beaucoup l'ont en tête.
Une nausée m'attaque soudainement l'estomac. C'est pas si grave, je devrais m'en remettre. Mais elle est là quand même. C'est à cause des circonstances. Le mélange de l'air sec, avec la vieille et nouvelle sueur, et les odeurs de parfums innombrables.
Une fille, peut-être un peu plus jeune que moi, se plante devant la table et papillonne des paupières, révélant une couleur d'iris différente de mes yeux, mais maquillés comme les miens. Même son style et ses cheveux sont une copie conforme de moi.
Je les lui tirerais volontiers. Comment vient-il à l'idée de ces filles de me prendre mon style ?
Le vertige se joint à la nausée.
-« Salut Bill. Tu es encore magnifique aujourd'hui. Tu peux écrire un autographe sur ce t-shirt, s'il te plait ? »
-« Bien sûr. »
dis-je, énervé.
Mes doigts tremblent d'agacement sur le coton du maillot de la Fan.
-« Quand est-ce que vous revenez à Munich ? »
Ton accent bavarois ne fait qu'enfoncer mon vertige.
-« Aucune idée, je suis désolé. Je ne connais pas le plan de la tournée par c½ur. »
Tout commence à bouger.
-« Dommage. En tout cas je serais là et je vous suivrais. »
Tout commence à tourner.
-« Merci. A bientôt. »
-« Salut. »

Elle fait demi-tour et disparaît dans le tourbillon de gens qui tanguent autour de nous.
La fille suivante, corpulente et sans maquillage, d'où les milliers de boutons, se détache du flot et vient vers moi. Elle dit quelque chose, mais je suis incapable de comprendre.
Tout ce qui passe, c'est son front couvert de points rouges répugnants qui m'agresse visuellement. Elle s'estompe sous mes yeux alors que je m'affaisse sur moi-même, sans forces.
La dernière chose que j'entends et sens, ce sont des voix familières et des bras puissants qui me soutiennent.

- - - - - - - - - - -

Un bruit étrange me ramène dans le monde des vivants. Ca ressemble à un ronflement, mais moins fort. Plus bas et continu. J'ouvre les yeux et aperçois un plafond crème. La couleur cruelle me fait mal à la tête. Ensuite, je vois deux petits tuyaux qui soufflent l'oxygène dans mes narines. Je dois m'être évanoui.
Et ça ici ... c'est ... je regarde autour de moi, effrayé. Des murs crème dégoûtants, avec certains motifs abstraits encore plus horribles, des armoires blanches. Un hôpital ! Oh Dieu. Ils n'ont tout de même pas ... Non impossible, je n'ai eu qu'un petit évanouissement.
Mon regard s'arrête soudain sur un corps près de la fenêtre, silhouette plus que familière. J'aurais du savoir que Tom ne me laisserait jamais venir ici tout seul. Le simple fait qu'il soit là, à regarder par la fenêtre, me rassure.
Je décide d'observer mon frère, pour un court instant encore. Il ne s'arrête pas, il reporte son poids d'une jambe à l'autre constamment. Puis, il croise ses bras sur son torse. Comme à chaque fois qu'il veut mieux supporter une épreuve qui le pèse. Presque comme si cette pose l'aidait.
Je fixe la vitre dans laquelle son visage se reflète vaguement. Il mâche avec inquiétude la peau autour de son piercing. Les bruits métalliques qui en résultent me parviennent. Ca taperait sur les nerfs de n'importe qui, à la longue, mais pas moi. Peut-être aussi parce que chaque geste de mon frère me calme plus qu'autre chose.
-« Tom ... »
Je décide de stopper sa nervosité solitaire.
Il fait un demi tour - tout à fait contraire à sa pose précédente et - rapide vers moi.
-« Bill ... merde, je me suis fait tellement de soucis ! »
En deux enjambées, il est à côté de moi, et s'assoit sur mon lit tout près.
-« Comment tu te sens ? »
J'essaie lentement de sourire.
-« Mieux grand frère. »
-« Ca a été la folie quand tu es tombé. Les fans étaient hors d'elles. »
-« Mmh. »
-« David a pensé qu'il était grand temps que nous ayons une pause de quelques jours. »

Ses yeux errent attentivement sur mon visage. J'hoche la tête, d'un air las. Il examine également ce geste.
Ca doit probablement venir de la grossesse, cet évanouissement. Grossesse.
Je fais fondre le mot sur ma langue.
-« Nous serons à la maison dès ce soir. »
Je le regarde et hausse un sourcil.
-« Quoi ? Dès ce soir ? »
Tom hoche la tête presque respectueusement.
-« Et nous aurons enfin un peu de temps ... pour nous. »
Pour nous. Il dit cela avec tellement de calme, en chuchotant quasiment, le regard solidement ancré dans mes yeux, que j'en ai un frisson. Je ne parviens pas à me souvenir, quand on pouvait passer plusieurs jours au calme. Nous étions constamment surchargés de dates.
Maintenant cependant, il faut sortir d'ici indemne. Et sans examens !
-« Tommi ? »
-« Hmm ? »
-« Qu'est-ce que le médecin a dit ? Quel est son diagnostic ? »

Mon frère fronce brièvement les sourcils.
-« Il pense que tu es simplement surmené. Ca arrive souvent aux Stars apparemment. »
-« Il a fait des examens ? »
-« Non, je crois qu'il a seulement pris ta tension et fait quelques broutilles. »

J'émets un soupir de soulagement. Dieu soit loué.
-« Quand est-ce que je pourrais sortir ? »
Tom rie tendrement à ma demande.
-« Je vais chercher le médecin. Je fais vite. »
-« Okay, merci. »

Je souris faiblement. Et déjà, il a disparu de la pièce stérile et affreusement claire. A la maison.
Il ne me reste qu'à espérer que les choses aillent mieux. Sinon je vais devenir fou.
J'ai déjà perdu de toute façon. Dans un combat que je ne pourrais jamais remporter.


Encore un chapitre clos. Et notre Billou n'est pas au bout de ses souffrances.

Gros bisous <3

© Stern_*

# Posté le jeudi 03 avril 2008 18:07

Modifié le dimanche 01 juin 2008 13:06

n# 10. Kιи∂ Dєя S¢нαи∂є - Chapitre 10

n# 10. Kιи∂ Dєя S¢нαи∂є - Chapitre 10
____CHAPITRE________________ZUHAUSE_________________3 Parties_________,__,________Bunk_______
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P a r t i e * 0 1
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Je sens le souffle de Tom dans mon cou, mais je garde les yeux clos. Il ne reste plus beaucoup de temps, avant l'arrivée. Nous avons pris un jet et là, nous continuons en voiture jusqu'à Loitsche. Il fait déjà sombre. Je ne veux pas voir par la fenêtre. J'ai peur de la nuit. Elle me laisse beaucoup trop de temps pour réfléchir. Le souffle de Tom glisse plus haut et me caresse doucement la joue, avant de chuchoter à mon oreille.
-« Tu dors ? »
Je ne réponds rien, me reniant moi-même. Comment pourrais-je dormir maintenant ? Pourtant l'envie y est. Le souffle de Tom revient sur ma peau. Il me regarde. Il m'admire sûrement en silence. Je me retiens de sourire. Ca me fait plaisir qu'il me désire ainsi. Je ne peux plus faire autrement qu'ouvrir les yeux ; ils plongent dans les siens qui contiennent tant de tendresse et d'amour malgré l'obscurité qui nous entoure. Alors, mon sourire s'épanoui de même, avec autant de douceur.
C'est presque déjà inconvenant, la façon dont nous nous regardons. Les G's pourraient le remarquer, je glisse donc un regard vers eux derrière mon frère. Ils dorment. Quel bonheur. L'épuisement les a gagné. Et le rétroviseur du chauffeur de notre limousine est trop haut pour qu'il nous voie.
-« Eh, ton attention doit se concentrer sur moi seulement. » se plaint mon frère, en tirant mon menton dans sa direction, si bien que nous sommes à nouveau les yeux dans les yeux.
-« Excuse. » soufflais-je malicieusement de mes lèvres pécheresses. Quelques secondes plus tard, nos bouches se trouvent. Il ne peut pas attendre. Il est impatient. Tom n'est pas de ses gens qui peuvent attendre. Mais je ne lui en veux pas, car à cet instant, ça me convient parfaitement. J'ai regretté ses lèvres. Beaucoup. Le baiser se termine.
Une petite magie s'est enveloppée autour de nous, adoucissant le reste du voyage. Elle glisse sur nous et disparaît profondément dans nos corps, provoquant une chaleur folle. Le rouge me monte aux joues et je m'aperçois à quel point je peux être tombé amoureux de Tom. Je lui souffle ces trois mots qui lui confirment mes sentiments à son égard. Il sourit à nouveau.
-« Tu es la plus belle personne que je connaisse, Bill. »
Je ris silencieusement.
-« Non, vraiment. Je suis sérieux. »
Mon sourire disparaît. Il le pense vraiment. Qu'il fasse un tel compliment est si rare. Ce n'est pas son truc, les mots d'amour. Je prends donc en signification ce compliment à sa juste valeur : la plus grande. Mon c½ur fait un grand bond dans ma poitrine. Cette secousse traverse furtivement ma peau, me laissant un sentiment agréable.
Je me sens tellement bien. Si bien que j'ai envie de pleurer. Jusqu'ici je me suis senti si coupable et incapable. Tom sait me guérir d'une dépression. Même s'il n'en connaît pas encore le fond. Un éclat brille déjà derrière mes yeux, mais je reste fort cette fois-ci. Ce qui force Tom a me regarder calmement, respectueux.
Je caresse sa joue alors que je descends de mon petit nuage. Il revient lui aussi. Mais plus lentement, comme s'il était emprisonné par les sensations qu'il a déclenché en lui. Il veut rajouter quelque chose, mais la limousine s'arrête. La vitre se baisse et nous nous séparons.
-« Nous sommes arrivés. » déclare le chauffeur d'âge moyen qui nous a conduit.
Enfin. Enfin à la maison. Dans des endroits familiers, l'oasis de sécurité. Je me détache, impatient, et glisse par la porte ouverte, suivi de Tom. Nous lançons un 'au revoir' aux têtes des deux autres qui se sont réveillés entre temps et arrivons déjà sur le chemin de la porte d'entrée. La lumière brille encore à l'intérieur.
Maman nous a attendu. Je ne sais pas depuis combien de temps je me réjouis de les revoir.
Le chauffeur nous appelle après coup, à cause des valises, mais nous sommes déjà occupé à appuyer sur la sonnette. Il est certain que nous étions incapables dans cet état d'excitation de, premièrement, sortir les clefs de nos sacs, et deuxièmement, d'ouvrir les porte, en plus.
Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvre tout aussi fébrilement sur le visage enjoué de notre mère et les aboiements de Scotty, qui n'a pas changé.
-« Enfin, vous êtes là mes garçons ! »
D'un mouvement rapide, elle nous enlace et nous presse fortement contre elle.
Son odeur est aussi familière que lorsque nous étions petits. Nous avons beaucoup de chance.
-« Maman, comme tu m'as manqué. »
Chaque mot nostalgique se perd dans ses cheveux et elle nous serre encore plus contre elle.
-« Mes garçons, vous m'avez manqué aussi ! »
Tom ne reste pas plus longtemps dans l'étreinte et se détache enfin, comme l'aîné qu'il est, pour revenir en arrière.
-« J'apporte nos valises. »
Il nous laisse Maman et moi. J'ai besoin de me blottir encore plus contre elle et elle l'accepte. Nous restons un long moment comme ça. Tom passe devant nous et lève un sourcil, perplexe. Je ne réagis pas plus. Georg et Gustav crient de la voiture. Je n'écoute pas vraiment. Maman se détache de notre étreinte. Nos regards se rencontrent. Une inquiétude plus qu'une surprise se dessine sur son visage doux.
-« Bill, tu es si attaché, ce n'est pas ton genre. Quelque chose ne va pas ? »
Oui on pourrait le décrire ainsi. Mais rien de grave.
J'ai seulement découvert ma double sexualité, et que je suis enceinte de mon frère jumeau.
Non, vraiment rien de grave. Des broutilles.

P a r t i e * 0 2
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Je secoue la tête, seul dans mon ironie.
-« N'importe quoi, tu m'as manqué c'est tout. »
Elle en convient. Au moins dans son expression. Ses traits inquiets cèdent au visage maternel aimant. Un coup de klaxon nous apprend que le chauffeur et les G's sont partis. Je leur fais signe encore longtemps avant de suivre Tom dans la chaleur agréable à l'intérieur. L'interpellé se trouve au milieu du salon, regardant autour de lui comme si c'était la première fois qu'il découvrait la maison. Il mordille sa lèvre autour de son piercing et danse d'un pied sur l'autre. Il est infatigable. Jamais calme. Il n'en revient pas de la soudaine situation dans laquelle nous sommes. Mais je n'en mène pas large non plus. Après la longue période passée dans l'hôtel de Berlin, ce trop plein de familiarité qui nous entoure, nous surcharge. L'odeur propre et ces quatre murs me manquaient depuis quelques temps.
Je m'arrête près de mon frère et passe un bras sur son épaule.
-« Eh, détend toi grand frère. Maintenant nous sommes tranquilles pendant un moment. »
Enfin, moi, ça ne me concerne pas. La main de Tom se pose sur la mienne et il acquiesce d'un air las.
Il se rapproche de notre mère.
-« Tu nous fais à manger ? Je meurs de faim là. »
Typiquement Tom. Maman le pense aussi très certainement, d'après l'expression amusée qui se dessine sur son visage.
-« Bien sûr. Vous déballez vos valises en haut. D'accord ? »
Un 'oui Maman' synchrone résonne dans la pièce avant que nous retournions chercher nos affaires. La mienne est bien plus lourde que celle de Tom, évidement. Mon frère fait partie de ces garçons qui retournent leur boxer, et les mettent deux fois pour les user au maximum avant de les laver. Une attitude tout à fait normale d'après Tom. Encore un point sur lequel nous sommes différents. Tandis que moi-même je m'accorde un 95 % d'hygiène personnelle, mon frère chéri se contente d'un faible 40 %. Et je suis gentil. Il a ses dreads parce qu'il est trop paresseux pour se coiffer. C'est du temps gaspillé, d'après lui. Compte donc combien de temps tu peux perdre pour ces trucs, dans l'année, tu seras étonné. Il est inutile de dire que nous avons eu beaucoup de discussions sur le sujet. Et bien sur, elles finissaient toujours de la même façon. Lentement, je saisis la poignée de ma valise et la tire péniblement jusqu'en bas de l'escalier, devant lequel je m'arrête, embarrassé. Pourquoi n'avons-nous pas d'ascenseur ? Ah oui, le manque de place.
Comment j'ai pu l'oublier ? Mon second soupir est suivi du rire amusé de mon frère.
-« Billy, tu n'as jamais été fort. »
-« Mais toi, tu es plus doué pour vanner, que porter. »

Mon timide reproche attaque naturellement son ego et il ne faut même pas deux secondes avant que Tom m'arrache la poignée de la main et se mette à grimper les marches. Je le suis discrètement, tout en admirant les muscles cachés de ses avant-bras. Avec son bronzage se met en place un mélange dangereux qui le rend incroyablement séduisant. Je m'étonne toujours de voir qu'il porte ces tentes immenses et cache son corps de rêve. Arrivé en haut, les valises sont placées dans notre chambre provisoirement.
-« Bien, enfin de retour à la maison. » murmurais-je face aux contours familiers de la pièce.
Le passé et le présent se heurtent, des souvenirs de notre enfance. Et maintenant, alors que nous ne sommes plus innocents, ni des jumeaux normaux. La vie nous joue des tours parfois fous. Dans notre cas, c'est un tour arrivé à maturité et qui aura des conséquences fâcheuses sur tout ce qui nous reste à vivre. Mais maintenant, il s'est passé des choses auxquelles on ne peut rien changer, me réprimande ma raison. Je me rentre donc l'idée dans le crâne et commence à trier le linge sale du propre, et ranger le dernier dans l'armoire. C'est une présence derrière moi qui met fin à mon travail. Je m'arrête et me tourne comme si de rien n'était vers Tom. Son bras s'appuie désormais à coté de moi, sur le mur.
-« Tu sais que, depuis que nous sommes ensemble, on ne s'est jamais embrassés ici ? »
L'expression de mon visage ne convient certainement pas au romantisme du moment, tant je suis perplexe devant l'envie soudaine, et un peu kitsch, de Tom.
-« Euh ... oui, tu as raison. »
-« Alors, on devrait rattraper ça immédiatement. »

Sa voix rugueuse liquéfie déjà mes genoux comme du beurre. Comment je pourrais lui résister ? Ce serait comme renier une partie de moi. Et nos lèvres se trouvent, intimement, se jouant de l'image de droguées qu'elles peuvent donner, ou même du péché démesuré commis. Nos mains commencent un voyage infatigable sur le corps opposé avant de trouver l'autre et d'entremêler leurs doigts. Le bout de nos langues dansent tendrement ensemble, et confirment sans mots dire, l'amour absolu porté à l'autre.
Quand le baiser se termine, me prend le besoin de me blottir contre mon frère, et je lui cède. Il répond à l'étreinte en mettant ses bras autour de moi et caresse mon dos. Me prend un autre besoin, celui de m'excuser, de tout ce que je lui ai fais, et vais lui faire subir par ma faute. Mais aucun mot ne franchit mes lèvres. Rien. Je suis lâche. Lâche et anormal. Trop lâche pour arrêter les femmes des talk-show, trop anormal pour toutes les perversions de ma vie. Au lieu de ça, je satisfais mon besoin ridicule de proximité, chaleur et sécurité. Alors que je suis en fait, celui qui fera basculer Tom dans son destin funeste. Je me détache, conscient de la faute de cette étreinte. Je dois faire pénitence. Pénitence pour chaque souffle donné.

- - - - - - - - - - -

P a r t i e * 0 3
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
Je me cure les dents sans entrain, après avoir mangé ma part de gratin de pâtes au jambon. Il ne restera pas longtemps là où il est de toute façon. Au plus tard demain matin, il trouvera son chemin dans la cuvette des toilettes. 23 h 17. Ca fait plus d'une heure que nous sommes assis ici. Maman voulait tout savoir avec les détails : comment les Fans nous ont surpris cette fois, comment nous les avons supportées, et ce qu'elles avaient de spécial. C'est énervant mais ça fait aussi plaisir d'être le centre d'attention de la famille Kaulitz. Pour un petit moment du moins. Je pourrais seulement être un garçon normal qui est revenu d'un long voyage. C'est comme si nous étions revenu des années en arrière. Nous bavardons de Dieu et du monde, du passé et du futur. Tom et Maman rient de bon c½ur de certains événements. Leurs rires me font du bien. C'est un baume posé sur mon âme tourmentée. Je ne regrette même pas Gordon. Il reviendra après-demain de son voyage d'affaires. Ils rient à nouveau. Et mon c½ur fait un petit bond. Son rire ne me donnera jamais plus de force qu'à cet instant. J'absorbe avidement chaque son différent. C'est parfois pour son rire que je vis. Ca et tellement plus.
Ma main glisse sous la table et se pose sur mon ventre. Je me demande si le bébé peut déjà entendre ce rire et s'il l'émeut autant que moi. Qui sait ? Peut-être que ça vient un peu plus tard ... Gott, je me sens déjà comme une future mère. Et je ne le suis pourtant pas du tout. Je suis un garçon, erreur de la nature. Mais ... ne suis-je pas également ça ... une future 'mère' ? Je ne sais pas. Je développe en ce moment même une liaison avec cet enfant. Peut-être ai-je plus de sentiments maternels que je ne le voudrais.
Je souhaiterais seulement mettre ce bébé au monde et partir très loin avec, là où personne ne me connaît et où je pourrais l'élever. Parce que je n'ai pas le c½ur de le tuer. Mais quand j'entends à nouveau le rire de Tom, je sais que ce n'est pas ce que je veux *vraiment*. Je souhaite rester avec Tom *et* le bébé.
La nature a une dent contre les - comment on les appelleraient - perversions. Elle nous dit ce qui est correct et ce qui ne l'est pas. Et moi je dérobe tellement à la règle, je suis moi-même si contraire à tout, que personne ne pourrait l'expliquer. Mais les pêcheurs sont aussi des êtres humains, non ? Donc les pêcheurs existent et veulent faire de leur vie, une vie meilleure. Et j'appartiens à ces gens. Plus encore, j'ai la responsabilité d'un enfant né dans la honte. Et je ne projette pas de laisser cet enfant sous la seule aide de Dieu. Ma main caresse tendrement mon ventre.
Je suis désolé, que tu sois apparu dans de telles circonstances. J'aurais voulu que le ciel t'envoie de meilleurs parents que Tom et moi, allons l'être.
Je suis désolé que tu aie une mère qui ne sait pas réellement qui il, ou elle est. Je suis désolé que tu ne puisses jamais avoir une vie normale parce que tes parents sont de grands pêcheurs.
Je suis désolé que tu viennes au monde, probablement, sans ton père, et peut-être même sans tes grands parents. Et que nous serons peut-être longtemps seuls, tous les deux.
Je suis désolé. Pardonne-moi s'il te plait, de ne pas t'offrir une meilleure chance, petit créature.
-« Bill ? Bill, qu'est-ce qu'il se passe ? »
Je lève la tête et remarque seulement que mon regard était baissé.
Je regarde ma mère et Tom, étonné des regards inquiets qu'ils posent sur moi.
-« Pourquoi tu pleures mon chéri ? »
J'ai pleuré ?! Par réflexe, mes mains se posent sur mes joues et enlèvent fébrilement les larmes.
-« Je ... c'est ... »
-« Bill, il t'arrives quelque chose. Je le vois, mon chéri. »

La voix de Maman est pleine de souci et tremble d'excitation.
Elle a toujours su voir si l'un de nous était triste.
-« Je suis désolé Maman, je ne voulais pas t'inquiéter. »
Rien de mieux ne me vient à l'esprit. Mais comment je vais me sauver de cette mauvaise passe ? Tom me regarde, compatissant. Il joue le jeu du silence, c'est écrit sur son visage, tant c'est clair. Je ne peux supporter ce regard. Je n'ai pas besoin de compassion. Ca n'arrange pas les choses.
Plus vite que je n'aurais cru, je me lève de ma chaise et les regarde à tour de rôle.
-« Je suis un peu fatigué de tout ces derniers temps. Je vais dormir. »
Maman veut dire quelque chose, mais ravale ses paroles.
-« Okay ... si tu le dis, chéri. Tu sais que je suis là. »
-« Oui Maman, bonne nuit. »
-« Bonne nuit, mon trésor. »

Sans honorer Tom d'un regard en plus, je me dirige vers notre chambre. Il ne tardera pas à me rejoindre. Je me déshabille et met mon pyjama. Me détestera-t-il après tout ça ? C'est le plus probable. Je pense, comment pourrai-t-il ne *pas* me détester ?
Je vais dans la salle de bains et exécute mon démaquillage du soir ainsi que le rituel de brossage de dents. Il perdra sa carrière et aura mauvaise réputation à cause de moi. Il devient tout ce qu'il ne supporte pas. Devenir père à juste dix huit ans. C'est quelque chose qu'il ne voulait jamais devenir.
Je me considère d'un air las dans le miroir. Je parais pâle et malade. Tout m'a pompé ces derniers temps. Et beaucoup. Le plus vite possible, je trouve refuge dans mon lit, enterré sous les couvertures. Je me mets en position f½tale. Comme un bébé. Peut-être que le mien est comme ça aussi dans mon ventre ? Non, pour ça il est encore trop petit. Mais ça arrivera. Mes mains glissent sur mon ventre de façon protectrice.
-« Je ne peux t'offrir une vie normale » m'entendais-je chuchoter tendrement, « mais je m'efforcerais d'être un bon parent pour toi. Tu mérites mieux que moi. »
Je l'ai encore fait. J'ai parlé au bébé. Les remords diminuent. L'instinct protecteur grandit. Je me demande ce qui changera si le bébé arrive. Quelle foire il déclenchera. Et quelles diffamations apparaîtront. Des images terribles me viennent à l'esprit. Je suis déchiré par mes pensées.
Est-ce vraiment la bonne décision, mettre un enfant au monde dans ces conditions ? Mais, est-ce aussi bien d'éteindre cette petite vie, seulement pour une carrière et des choix de vie ? Non ça ne le serait pas. Comment pourrais-je continuer la musique en ayant tué ?
Ce serait absurde. Et moralement insupportable. Même condamnable.
Pourquoi ne pas faire le meilleur choix pour l'enfant ?
La porte s'ouvre silencieusement. Peu de temps après, je sens le matelas s'affaisser derrière moi. Je ne prends pas le risque d'ouvrir les yeux. Si je le faisais, je n'arriverais pas à être fort.
Une main caresse légèrement ma joue.
-« Je t'aime. », chuchote la plus belle voix que je connaisse. Et je dois me maîtriser pour ne pas pleurer encore une fois, car je connais l'importance de ces mots. C'est l'une des plus belles preuves d'amour que Tom me donne, puisque ces trois mots, il les économise très bien.

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Un chapitre plutôt court, je viens de m'en apercevoir.
Mais il est beau. J'aime particulièrement les excuses de Bill pour son bébé,
et bien sûr, les trois mots de Tom (L)
La suite très vite, promis.

Gros bisous <3

© Stern_*

# Posté le samedi 05 avril 2008 05:32

Modifié le dimanche 06 juillet 2008 10:36

n# 11. Kιи∂ Dєя S¢нαи∂є - Chapitre 11

n# 11. Kιи∂ Dєя S¢нαи∂є - Chapitre 11
____CHAPITRE________________HEILIGKEIT________________3 Parties_________,__,______Summer_____
____CHAPITRE________________HEILIGKEIT________________3 Parties___________,,______Summer_____
______,_11__+,______________---_Sainteté_:!!_!____________.__Postées_:,____,____,_________Rain_++_-_
____CHAPITRE________________HEILIGKEIT______________.__Postées_:,_______,_,_________Rain_-++__

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P a r t i e * 0 *
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Jusque-là, ces jours à la maison n'ont pas vraiment été une détente. Pour moi en tout cas. Tom au contraire, s'est relaxé correctement. Il promène Scotty, téléphone à de vieux camarades de classe ou s'exerce à la guitare. C'est presque comme avant, et je le croirais si je n'étais pas au courant de certaines choses. J'ai réussi à ne pas me faire attraper par Tom ou Maman en vomissant le matin. Y compris Gordon. Il reste juste à espérer que cette phase se finisse bientôt. Ce qui m'a énervé, c'est la désagréable impression d'avoir grossi. Bien sûr, dans mon cas, ça n'a rien de tragique, puisque de toute façon je suis en sous poids selon les normes. Mais ça m'inquiète parce que c'est juste une confirmation de plus du fait que je suis enceinte.

Enceinte. Je n'arrive pas à m'habituer à ce mot. Et je n'ai jamais fait d'échographie encore. Je n'ai donc aucune preuve de ma grossesse. C'est ce sentiment au ventre qui la trahit. Un instinct. Et les résultats du test. Je trouve à nouveau ma main posée traîtreusement sur mon ventre. Je suis assis dans le salon et regarde ma mère. En principe, il n'y a rien de vraiment intéressant, si on le voit comme ça. Mais pour moi, c'est quelque chose de spécial. Quelque chose que je n'ai pas vu depuis longtemps. Trop longtemps à mon goût.

Elle est là, à bouger le fer à repasser presque gracieusement, comme une elfe. L'odeur du fer, de la javelle et la vapeur chaude viennent à mon encontre. Je me rends compte comme la maison m'a manqué. Et qu'il sera encore plus dur pour moi de reprendre la vie de Star maintenant. Ici, rien n'a changé. Comme si on était revenu en arrière. Je ne veux plus m'éloigner.

Une mélodie doucement fredonnée m'ensorcelle. C'est une ancienne chansonnette que je connais, et Maman la fredonne toujours avec entrain quand elle accomplit les tâches ménagères. Comme maintenant. Je réfléchis fiévreusement quelle chanson cela peut bien être. Car plus j'y pense, plus je suis sûr de la connaître. Et j'y pense. Beaucoup même. Elégamment, les gracieux doigts de Maman tournent la chemise blanche dans la position voulue. Je m'étonne en m'apercevant que ses mains sont presque identiques aux miennes.

Father & Son, la chanson s'appelle. Je crois que c'était de Cat Steven. Ca n'a pas perdu sa magie jusqu'à aujourd'hui. Père et fils. Où devrais-je plutôt dire, mère et fils dans mon cas ?

Je pense encore au bébé. Ca fait maintenant deux semaines que j'ai pris conscience de ma grossesse. Deux semaines. C'est un demi mois. Une partie de la grossesse est déjà finie. Bientôt, ça fera un mois. Combien de temps ça durera jusqu'à ce que je ne puisse plus cacher mon ventre ?

La pile de Maman s'agrandit. Je la regarde. Son visage, avec ses petites rides dues aux sourires, est détendu, et elle semble heureuse. Comment ne pourrait-elle pas l'être ? Ses enfants sont chez elle. Toute sa fierté. Tout sa vie. Serais-je aussi comme ça plus tard ? Aussi heureux si le bébé est chez moi ? Je dois ravaler la grosse boule dans ma gorge et me contraindre à penser à autre chose, ne pas dériver. Car tout est encore trop absurde pour réfléchir pleinement à ce sujet.

-« A quoi tu penses mon trésor ? »
Ça, c'est mettre les pieds dans l'plat. Je dois donc sourire à cause de sa curiosité innocente.
Qu'est-ce que je ferais sans ma mère ?
-« Je me demande où Tommi reste si longtemps. »
-« Il a sûrement fait un grand tour avec Scotty. Des fans l'ont peut-être reconnu. »

Oui. Fans. C'est possible. Certains cas de fans amoureuses de leurs stars sont vraiment morbides. Mais le pire, c'est qu'elles ne se rendent pas compte qu'elles leur vouent un amour de malade. C'est merdique. Le phénomène sera bientôt terminé. Certes, pas comme nous l'avons souhaité, mais il se finira. Au plus tard, au moment où les fans remarqueront que je n'étais pas, ne suis pas et ne serais jamais normal et que je ne suis rien d'autre qu'une créature schizophrène. Et comme je le souhaitais, je partirai. Très loin de toutes les personnes qui veulent me faire du mal, se moqueront de moi et me porteront de transperçant regards.

Je sais que je laisserais ma famille dans la diffamation et ça m'est extrêmement douloureux, quand je vois ma mère et sais que tout sera différent très bientôt. Elle ne sera peut-être jamais plus insouciante comme ça. Et peut-être que je ne reviendrais plus jamais ici ... oh Dieu, je ne veux pas y penser. Un poids tombe à côté de moi et à peine deux secondes plus tard, des bras chauds s'enroulent autour de moi. L'enlacement affectueux m'étourdit et je proteste pour me libérer des bras de ma mère, mais elle me serre encore plus contre elle. Je finis par me laisser aller, sans défenses.
-« Bill ... » murmure t-elle, dans mes cheveux, « j'ai peur pour toi. Tu es devenu si calme et pensif. »
Mes mains s'accrochent désespérément à elle.
-« Tu n'as pas besoin de t'inquiéter Maman. »
Je sens son rythme cardiaque augmenter sensiblement.

Elle sent que ce n'est pas tout à fait sincère. Qu'est-ce que je donnerais pour tout lui avouer merde ! Que j'ai trouvé l'amour de ma vie. Que je ne peux même pas dire à quel point je suis heureux avec Tom. Et qu'elle va bientôt être Mamie. Mais je ne peux pas. C'est impossible.
-« Ce n'est rien tu sais ... c'est juste ... que je me prépare au stress. »
Elle ne répond rien. Elle ne me croit pas.
Mais elle accepte que je ne veuille pas lui dire et caresse tendrement mon dos.

La porte d'entrée s'ouvre bruyamment et environ cinq secondes plus tard, Scotty débarque pour nous raconter sans mot dire combien la promenade était super et pleine d'odeurs. Tom le suit et s'arrête au milieu de la pièce en nous voyant, incertain. Au lieu de s'asseoir à côté de nous, il commence à mâchouiller son piercing. La situation ne lui plait pas visiblement. Il a sûrement envie d'être avec moi seulement. Et je ne vais pas lui refuser ce désir inexprimé qui brille doucement dans ses yeux. Je me détache de ma mère et me lève du canapé.
-« Tommi, tu ne veux pas qu'on aille dehors ? »
-« Okay. »


Maman nous regarde, irritée.
-« Mais, Tom y était à l'instant, il va s'enrhumer. »
-« C'est bon Maman. On y reste pas longtemps. »

Il rajoute son irrésistible sourire et mon frère a déjà Maman dans la poche.
Ça a déjà marché, ça marche maintenant, et ça marchera encore plus tard.
Elle émet un long soupir.
-« Bien. Mais ne restez pas longtemps. N'oubliez pas qu'on est plus en été. »
Nous ne percevons déjà plus les derniers mots, occupés à enfiler nos vêtements.
-« A plus tard. »
Et Maman s'assoit seule dans le salon.

Tom referme la porte d'entrée derrière nous.
-« Où tu veux aller ? »
Je lui souris mystérieusement.
-« Tu ne devines pas ? »
Il me regarde, perplexe, ne s'attendant certainement pas à une autre question en réponse. A le voir comme ça, on remarque vite qu'il cherche activement dans sa tête, de petites ridules se formant sur son front. Et puis finalement, une lueur brille dans son regard.
-« Notre place secrète ? »
J'acquiesce respectueusement.

Notre 'place secrète' est un petit endroit que nous deux seulement connaissons et que nous avons découverts quand nous étions petits. Ce n'est rien de spécial en vrai. C'est un paquet d'arbres et de buissons à côté d'une aire de jeu où se trouve une petite clairière. Visible seulement pour ceux qui s'y risquent. Le plus bel endroit au monde pour nous. Quand nous étions des enfants, nous avons fait la promesse de ne jamais parler de ce lieu à quelqu'un. Il n'était pas nécessaire de vérifier que l'un de nous la tenait. Car si une personne étrangère entrait ici, il violerait forcément la pureté de l'endroit. Et ce ne serait plus le notre.

Le visage de Tom s'éclaircit tout à coup.
-« Qu'est-ce que t'attends ? Viens, dépêchons nous. »
Et il marche déjà d'un bon pas ; je le suis, faisait l'effort de prendre le rythme de mon grand frère. Nous ne croisons personne. Mais pourtant nous nous taisons. Comme si nous faisions le pèlerinage vers un lieu saint. Nous entendons nos pas bruyants sur le trottoir et nos respirations rapides, chacun perdu dans ses propres pensées.

Ça fait maintenant, si longtemps que nous n'y étions pas allé. Un sentiment stimulant se forme dans mon ventre. Peut-être parce que maintenant, mon frère et moi sommes ensemble. Ou peut-être juste parce que nous sommes adultes. Que nous avons laissé l'innocence, cette impartialité derrière nous. Maintenant, nous ne sommes plus de petits enfants naïfs. Nous sommes des personnes qui avons appris à nous aimer. Et nous savons que notre amour se basera toujours sur la tolérance.

Un peu plus tard, nous arrivons enfin à l'aire de jeux. Elle est abandonnée. Les jeux ont perdu leur beauté, mais ils y sont encore tous. La balançoire, les toboggans, les bacs à sable. Le temps les a rongé. Mais le soleil de l'après midi se marie avec eux et les couvre de ses couleurs chaudes.

Ce jour a quelque chose de particulier. Je le sens dans chaque fibre de mon corps. Nous enlevons nos pseudos déguisements. Ici il n'y a personne, et on ne pourrait nous reconnaître. Mon regard se pose sur les arbres. Ils sont devenus plus grands, et les buissons plus épais autour de notre coin. Mais ça ne changera rien. Là, c'est notre place. Et il en sera toujours ainsi.

Tom trouve le chemin a travers les fourrés et passe en premier, brisant les quelques branches qui gênent pour que je puisse passer plus facilement. Mon c½ur commence à battre de plus en plus vite. A chaque pas un peu plus. Et enfin, nous la voyons. La clairière.
Maintenant, le soleil a plus de difficulté à passer à travers la cime des arbres. Mais il y arrive encore. Cela donne un endroit chatoyant d'or dont la beauté nous impressionne encore aujourd'hui, tous deux. Les feuilles rouges, oranges et jaunes élèvent le tout dans une magnificence qui défie l'humanité.
Toute la place d'or est, en un mot, parfaite.

-« Je ne me rappelais pas que notre place était *si* belle. » risquais-je, après quelques minutes, rompant le silence respectueux.
-« J'avais oublié moi aussi. » murmure Tom, plus qu'impressionné.
Finalement, il se remet et prend ma main, nous arrêtant au milieu de la clairière.
Nous nous regardons dans les yeux, sans dire un mot. Bien sûr, ce moment est très spécial. Et nous ne savons pas vraiment encore ce que nous allons en faire maintenant. Seul le ciel nous le dira.

Un sourire timide prend place sur mes lèvres. Tom n'y répond pas. Son visage reste sérieux. Pour lui, cet endroit est vraiment sacré. Mon sourire disparaît donc, et je m'enfonce dans le regard chaud de mon jumeau qui a tant pris sur lui-même pour nous permettre de nous aimer, même dans l'interdit. La gratitude brille dans le regard de Tom. Il ne l'exprime jamais. Je sais qu'il m'est profondément reconnaissant de lui rendre les sentiments qui en principe pourraient ne pas exister. Les contacts et gestes qui n'ont normalement pas leur place dans la vie de jumeaux. Et pour l'union que je lui accorde et qui représente le plus grand péché que deux jumeaux peuvent commettre. Mais si nous ne l'avions pas fait, je serais mort lentement de mes sentiments pour finir comme un étui vide de tout. Désespéré. Absurde. Insensible.

Tom caresse tendrement les contours de mon visage et se rapproche jusqu'à ce que ses lèvres rencontrent les miennes, et nous fermons les yeux pour profiter de la perfection durant une petite éternité, nous perdant dans cet amour comme élixir du rejet des autres face à nos sentiments. Nous nous enlaçons, nous tenons l'un l'autre pour nous assurer que ce n'est pas un rêve duquel nous pourrions nous réveiller à chaque instant. Nos lèvres commencent une danse familière que nous maîtrisons parfaitement ensemble, comme si aucune autre personne au monde ne pouvait mieux nous convenir que notre frère jumeau.

Je soupire silencieusement pour exprimer mon amour dévoué. Et je sens Tom sourire contre mes lèvres. Ça doit être un sourire de pleine satisfaction et délice. En fait, autre chose aurait été impossible. A cet instant, Tom ne pourrait sourire pour rien d'autre. Pour beaucoup de gens, ce que nous faisons est malade et pervers. Mais pour Tom - et pour moi - c'est la perfection dans toutes ses facettes. Abandonner sa carrière pour ça. Ce pour lequel on laisserait tout. Ce pour quoi on pourrait mourir mille fois. Nous avons toujours dit que nous serions prêts à renoncer à tout pour cet amour.

Et ça confirme encore plus le fait que je ne peux laisser ce bébé.
Parce que c'est quelque chose qui - même inconsciemment - représente notre amour.
Une preuve de l'amour qui nous lie.

L'envie de tout raconter à Tom me prend comme une vague dans la tempête. Je termine le baiser et le regarde, incertain. Maintenant, serait le meilleur moment pour tout lui dire. Ici, dans cet endroit secret qui nous appartient. Ses yeux se reposent librement sur moi. Avec confiance, tendresse, et sincérité.
Je ravale la boule qui coinçait déjà ma gorge. Ça ne va pas, je ne peux pas.
Je détruirais certainement tous ses espoirs sur cet autre avenir, cette carrière brillante.
Je ne peux pas lui enlever son bonheur comme ça.

J'embrasse juste la commissure de ses lèvres puis celles-ci. Je dois rester ce que j'étais pour lui. Son petit frère qu'il aime plus que sa propre vie. Il n'y a pas de place pour l'aveu d'un double sexe, d'une grossesse et de problèmes d'identité. En plus, il ne me croirait probablement pas. Qu'ais-je donc comme preuve ? Le résultat des tests qui ont disparu depuis longtemps dans une station d'épuration quelconque. Superbe. C'est très convaincant. Peut-être qu'il me croirait fou. Ce qui reviendrait à lui montrer de l'air comme preuve. Il ne me reste qu'à attendre. Attendre jusqu'au jour où je pourrais ramener une échographie avec des images convaincantes.

-« Tu parais si pensif. »
J'embrasse Tom encore une fois pour lui faire oublier.
Il ne doit pas savoir, comme je suis perdu en ce moment.
Ça violerait sans pitié la sainteté de l'endroit.
-« Billy ? »
-« Hum ? »
-« Je voudrais que nous soyons ensemble pour toujours. »

Je m'en détache pour le regarder pleinement. J'ai l'impression d'être interrogé. Mais ce n'est pas le cas. Un chuchotement dans l'oreille, de plus en plus fort et pénétrant, me le confirme. Ainsi que les battements de mon c½ur. Ce n'est pas du tout le genre de Tom d'être aussi sentimental. C'est la magie de notre place secrète qui l'amène à dire des choses qu'il tairait en principe.
-« Pour toujours ? »
Tom fronce les sourcils, comme s'il n'était pas sûr que je l'ai bien compris.
-« Oui. Juste toi et moi. »
Mes joues s'enflamment. Si je ne le savais pas, et que tout n'était pas si absurdement interdit, je pourrais presque croire que Tom me fait une demande. La seule pensée que tout ça est, en réalité, condamnable me fait mal. J'ouvre les lèvres mais suis incapable de répondre quelque chose à ces magnifiques mots.
-« Je suis sérieux, Billy. »
Quoi maintenant ?
-« Tu veux ... passer le reste de ta vie avec moi ? »
Saisit-il vraiment la portée de ces mots là ? Bien sur il la connaît. Un 'oui' chuchoté me confirme encore une fois formellement ses paroles. Tom n'aborderait jamais ce sujet à la légère. S'il le dit, c'est que cela vient du fond du c½ur. De plus, son regard chaud assure sans mots dire que tout est vrai.
Et comment ne pourrais-je *pas* croire mon jumeau ?
L'honnêteté transparaît dans chacun de ses mots et jaillit de ses yeux.

-« Tom, je ... » Je suis surpris et gêné. « ... je ne sais pas quoi dire. »
-« Que penses-tu d'un simple 'oui, je le veux aussi' ? »

C'était à priori facilement à deviner. Mais comment pourrais-je être négligent dans une telle situation, alors que Tom me dit presque que je suis l'amour de sa vie ? Les commissures de mes lèvres commencent à trembler traîtreusement.
-« Oui ... je le veux aussi. » dis-je doucement, de moi-même.
Ça n'a aucun sens. Je lui suis dévoué. Et ce depuis toujours. Et ça ne pourra jamais marcher.
Tout est contre cet amour, cette folie. Pourquoi essaie t-il seulement ?

Tom sourit mystérieusement et fouille dans sa poche. Les flammes de mes joues deviennent de la lave.
Mais, il n'a pas ... ? Non, mais, ça ne se peut pas ... !

Mon corps entier se ramollit. Mon instinct ne m'a pas trompé. Il retire quelque chose de sa poche, qui est si petit qu'il tient dans son poing. Il ouvre sa main pour me présenter un anneau en argent décoré de gravures celtiques. Immédiatement, une larme se détache de mes yeux.
Gott, il l'a vraiment fait.
Je réalise à peine le respect avec lequel il prend ma main.

-« Tommi ... »
Il faiblit aussi dans la magie du moment.
-« Je pensais ... qu'il fallait quelque chose pour nous lier, comme une preuve de notre amour. »
Nerveusement, il glisse la bague sur mon annulaire gauche.
-« J'en ai un aussi regarde. »

Je quitte nos mains des yeux, comme dans une transe, et les relèvent jusqu'à son cou ou je découvre la chaîne à laquelle pend le deuxième anneau. D'autres larmes fuient mes yeux. Ça doit être un rêve. Il ne peut pas en être autrement. Pourquoi personne ne me pince pour me faire revenir brutalement dans la réalité ?
Je n'ai pas mérité tant d'amour. Mais personne ne m'arrache à la sainteté.
-« Oh Gott, Tom, je t'aime tellement ! »
Je passe mes bras autour de son cou comme dernier geste de courage. Tout boue en moi dans un sentiment de délice que je n'ai encore jamais connu. Tout est arrivé d'un coup sur mon chemin. Mon jumeau enserre doucement mon corps de ses bras et glisse son visage dans mon cou.
-« Je veux que tu n'appartiennes qu'à moi. »
-« C'est déjà le cas, Tommi. »
murmurais-je en réponse, inspirant l'odeur familière de ses dreads. « Je n'ai jamais appartenu à quelqu'un d'autre que toi. »
Il rit silencieusement. Son souffle frôle tendrement ma peau.
-« Je l'espère. »
Je m'en détache un peu et touche le bout de son nez avec le mien.

-« On s'est trompé. » murmure t-il, après un court instant de silence. Je lève les sourcils.
-« Comment ça ? »
-« Notre amour n'est pas en faute. Les gens ont tord. »

Je réfléchis longtemps aux deux propositions, pour parvenir à comprendre leur signification. Alors je me risque à secouer légèrement la tête négativement.
-« Le monde a raison. Mais maintenant, nous deux ne sommes pas comme les autres. »
-« On peut aussi l'exprimer ainsi. »

Nous nous sourions. D'accord, nous sommes anormaux. Mais je suis convaincu que cette anomalie est le seul chemin que nous devons emprunter.
-« Nous devons rentrer, sinon Maman va encore se faire du soucis. » chuchotais-je, pour ne pas déranger la magie de ses bras chauds autour de moi.
-« Il va bientôt faire nuit. »
Tom acquiesce, avisé. Il me prend la main. Et nous partons, main dans la main, à travers les fourrés, puis nous détachons dès que nous sommes à découvert. Le retour est fait comme sur un petit nuage. Tom me raconte la difficulté qu'il a eu pour se procurer les anneaux sans se faire identifier. Il souligne qu'ils sont en platine. Parce que je lui suis cher, il voulait le meilleur. Et il me fait remarquer qu'il a fait graver l'initiale de nos prénoms à l'intérieur des deux. Parce qu'il veut que je sois toujours avec lui.

Oui, c'est l'amour de ma vie.

Il n'y en aura jamais d'autre.

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Voici le plus beau chapitre de la fiction
pour le moment, et je le trouve VRAIMENT beau xD

Gros bisous <3

© Stern_*

# Posté le samedi 05 avril 2008 05:35

Modifié le dimanche 03 août 2008 11:33