n# 04. Kιи∂ Dєя S¢нαи∂є - Chapitre 04

n# 04. Kιи∂ Dєя S¢нαи∂є - Chapitre 04
____CHAPITRE______________-__ZWIESPALT_-______________3 Parties__________________Guitar_______
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______,_04__+,______________-!___Désunion__!_____________.__Postées_:,_______________Lesson_:!____!
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P a r t i e * 0 1
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Mes pieds trouvent eux-mêmes le chemin pour retourner au studio photo. Rester si longtemps seul avec ses pensées, ce n'est pas bon. On aura appris ça, surtout parce que les deux parties opposées dans mon dernier combat mental, s'appelaient 'crainte' et 'réalisme'. Méfiant face au fait qu'aucune des deux parties ne cède, je flâne jusqu'à l'intérieur.
Gustav est justement sur son shooting seul. Le pauvre. Il n'a jamais aimé le faire. Mais que ne fait-on pas pour la gloire. Gusti n'aime pas se laisser photographier, ni même son ombre. Je ferais mieux de regarder mon ombre tiens, je me rendrais peut-être compte que j'ai trop d'imagination. Le coup peut parfois venir de derrière. Comme maintenant.
Je reste en arrière, dérangé par mes affaires intérieures. Je laisse mon dos heurter le mur sans douceur et observe le shooting.
Gustav s'efforce d'adopter une pose sexy alors qu'il repose le bras sur la pierre. Ce n'est pas dans sa nature de faire ça. Mais il s'y force. Et c'est ce qui compte. Ce qui compte aussi, c'est ici et maintenant. La réalité. Je suis un garçon, et je ne peux pas être une femme enceinte en même temps. Voilà. Tout simplement.
Si simplement, que ma crainte irrationnelle me parait juste ... Bien que ce ne soit qu'un mauvais pressentiment. Le pire dans cette affaire, c'est sûrement que j'ai toujours raison en matière de mauvais pressentiment. Et c'est précisément le fait que j'ai toujours raison qui confirme mes craintes. Ca n'a pas de fin.
Je devrai peut-être réaliser que je n'ai pas assez les pieds sur terre pour réfléchir à ça. Un tel - si je peux l'appeler comme ça - concept, ne peut pas être vrai. Quel idiot suis-je ?
Aucun mec dans le monde ne gaspillerait une seule minute avec une telle pensée.
-« Bill ? »
Effrayé, je me cogne au mur et plonge mes yeux dans ceux de ma moitié, si semblables et pourtant si différents.
-« Tom ... alors, comment c'était ? »
-« Bien. Pourquoi tu n'es pas resté ? »

Difficile de faire la sourde oreille au ton de reproche qu'a sa voix.
-« Je ... j'avais besoin d'air frais. »
-« Tu ne te sentais encore pas bien ? »

Mes mains gesticulent fébrilement devant moi, repoussant l'éventualité.
-« Non non ! C'est seulement ... trop de mauvais air, à la longue, me donne la migraine. »
-« Hm. »

Il n'a pas l'air convaincu. Mais qu'est-ce que je peux faire d'autre ? Je ne veux pas qu'il s'inquiète. Il faudra donc se contenter de cette excuse. Et Dieu seul sait combien de temps, elle le retiendra.
Je me pousse lentement du mur, et me désintéresse de Tom, puisqu'il n'y a visiblement pas envie de discussions. Le regard qu'il porte sur moi est donc, simplement ignoré. Si je plongeais toujours dans ces miroirs sombres qui reflètent son âme, j'en serais certainement mort.
Gustav vient à ma rencontre, avec le visage cramoisi. Pour lui, les shootings seuls sont seulement embarrassants, et pratiquement hors de questions.
Je lui souris, encourageant.
-« C'est fini. »
-« Mmh. »

Il émet un soupir soulagé et on comprend que les mots lui manquent pour exprimer combien cette séance photo a été une torture, désormais révolue.
-« Il ne reste plus que Georg et on a fini pour ce matin. »
Sa constatation nourrit ma satisfaction. Certes, après le déjeuner, il y a encore une heure d'autographes, mais on peut l'accepter en considérant que l'après-midi est libre après cela. Bien que je ne suis pas sûr que ce soit bien pour moi. C'est vrai, Tom sera là et pourra toujours me distraire. Il est, néanmoins, inévitable que je sois parfois seul, et donc, que je dispose de temps pour organiser à nouveau des pensées irrationnelles et stupides. Je ne peux pas le changer.
Que reste t-il donc d'autre à faire, que de s'y résigner en espérant ne pas avoir trop de moments de solitude ?

- - - - - - - - - - -

Chaque putain de trait de plus que fait ma main, me fait prendre conscience qu'il est vraiment temps que cette séance d'autographes se termine. Après que chacun d'entre nous ait presque signé 400 autographes, il faut, en plus que nous y rajoutions un petit mot dévoué. C'est presque toujours la même chose en plus.
-« Salut Bill, pourrais-je avoir un autographe ? »
Mais clair. Pourquoi est-ce t'es là sinon, petite ?
-« Pourrais-tu rajouter quelque chose de personnel ? »
Logiquement, ta Star préférée le fait encore.
-« Je m'appelle Maria. »
Et, qui est-ce que ça intéresse ?
-« Merci beaucoup. Je dois absolument te dire que je trouve que tu es le meilleur. Je suis ta plus grande Fan. »
Puis-je attirer ton attention sur les centaines d'autres filles qui se trouvent derrière toi, et qui sont venues exclusivement pour la même raison aujourd'hui ?


P a r t i e * 0 2
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Heureusement que depuis le temps, on a pris l'habitude. Sinon, on serait constamment torturés par les mêmes demandes. Autant les Fans sont super pour la célébrité, autant elles m'énervent pour ces heures de dédicaces. Au début, c'était génial. Maintenant, c'est juste ennuyeux. Ou peut-être que c'est à cause de mon humeur ?
Comme s'il avait pu lire dans mes pensées, David Jost s'avance et déclare la séance de dédicace officiellement terminée. C'est l'un des rares moments où j'embrasserais carrément ses pieds. Un murmure de déception général glisse dans la salle en s'amplifiant. La demande ne s'arrête pas pour autant.
Les Fans sont invitées poliment par la sécurité, à stopper leurs appels et reculer un peu. Professionnellement comme toujours, nous nous levons en faisant un dernier signe aux Fans qui se noient dans leurs larmes, avant de ré entrer dans le domaine VIP. Nous n'avons plus de temps.
Georg tient fièrement une culotte rose.
-« Hey les Jeunes, regardez ce qu'on m'a donné. »
-« Elle l'a porté avant ? »
riposte rapidement Gustav, en ricanant.
-« Merde Gusti, tu l'as rêvé cette nuit ? »
Le rire de Tom entre dans la compétition, tout comme celui de Georg, mais avec une expression du visage magnifique. Je secoue la tête, résigné, mais je ne peux cependant retenir un rire.
-« Mais qu'est-ce que j'ai fais pour mériter une bande d'abrutis pareils ? »
Les trois me regardent comme offensés.
Mon frère prononce naturellement, en premier, une réplique.
-« Si ton grand frère n'avait pas été là pour faire attention à toi, tu aurais inévitablement échoué dans la vie. »
La déclaration maladroite est complétée par un sourire en coin et le haussement de sourcils inimitable de Tom Kaulitz.
Comment mal le prendre ? Je souris, fatigué. Dans le fond, oui, il a raison. Que ferais-je sans lui ? Il est tout à la fois pour moi. Frère, jumeau, ami, amoureux.
-« Et que faisons-nous maintenant ? »
Georg agite la culotte dans tous les sens avant de la balancer derrière nous, avec élégance. Evidemment, le dégoût l'aura vaincu. Tom hausse les épaules, Gustav nous regarde, embarrassé. Puisque j'ai besoin d'autant de distraction que possible, c'est peut-être à moi de proposer une idée en premier.
-« Vous voulez qu'on fasse un tour en ville, ou vous avez une idée ? »
-« Un McDonald's dans les environs serait parfait d'après moi. »

Typiquement Gustav. Affamé comme toujours.
Mon frère d'amour me consulte évidemment.
-« Tu voulais juste faire du shopping, et que je vienne avec toi porter tes sacs. »
Je lui offre mon sourire le plus mignon ; si mignon que c'en est presque écoeurant.
-« Bien sûr. Tu ne voudrais pas que je porte tout, tout seul et que je m'écroule ? »
Il grimace. Le fait d'être dégradé jusqu'à majordome ne lui lait guère, mais je sais qu'être à mes côtés lui suffit.
Liens de jumeau.
-« C'est okay. Tu viens aussi avec Georg ? »
Le concerné grogne, consentant mais un peu forcé. Pourtant, il ne semble pas vraiment sûr, qui de nous ou Gustav a le plus raison.
Comme je n'ai pas réellement envie de le savoir, j'accélère le pas vers l'avant, où se trouve la porte de sortie arrière au bâtiment.
-« On prend des lunettes de soleil et on y va, okay ? »
Les trois acquiescent et Gustav ajoute un avertissement que nous connaissons déjà tous :
-« Nous devons donner nos horaires à David. »
Tom soupire négligemment.
-« Ouais, il ne faudrait pas qu'il se fasse dessus. On est grands. J'vais lui dire. »
Il fait déjà demi-tour.
-« Tommi, je prends aussi tes lunettes dans le van ? » criais-je rapidement après lui.
-« Oui, prends-les. »
Il est déjà hors du champ de vision. Nous n'hésitons pas longtemps pour choisir nos accessoires de 'camouflage'. De notre propre expérience, chacun d'entre nous sait, combien il peut-être fatal de se montrer sans déguisements. Deux minutes plus tard, mon frère chéri revient et met ses lunettes de soleil. Il agit comme un des agents du film Matrix. Il faudra que je pense à lui dire à quoi il ressemble en faisant ça.
Enfin, nous fichons le camp en plein c½ur de Berlin. Accessoirement, mon frère nous raconte avec fierté, le torse bombé, comment David a d'abord refusé notre sortie et comment il l'a persuadé jusqu'à ce qu'il cède. Avec la condition que nous soyons de retour dans trois heures. Si nous ne le faisons pas il y aura des problèmes, car David calcule très certainement. Il peut faire pitié, réellement. Il nous doit ses premiers cheveux blancs.
Nous tournons dans une rue commerçante, où des gens s'activent. Tant mieux pour notre anonymat.
Poursuivant notre chemin, nous voyons d'innombrables magasins, allant de l'alimentation au prêt-à-porter, ou même aux téléphones portables. Nous nous arrêtons, enfin, devant un magasin de disques puisque Tom vient de trouver le nouvel album de Sammy Deluxe.
-« Les gars, j'vais l'acheter. Qui vient avec moi ? »
Les G's acceptent, mais je secoue la tête.
-« Je vous attends dehors, pas envie de voir des CDs. »
Et ils ont déjà pénétré à l'intérieur. Typique. Aucun gaspillage de temps.
Je regarde autour de moi, ennuyé. Quelques personnes me regardent de travers. Elles font sûrement une supposition quant à moi. Mais comme les gens ne sont pas à cent pour cent sûr de qui je suis, ils ne m'interpellent pas - pour mon plus grand bien -. Le soleil d'après-midi éclaire mon visage et chatouille ma peau. J'apprécie la chaleur au maximum. Le soleil est réellement superbe. Mes yeux parcourent à nouveau, négligemment, les alentours, les personnes qui ont des rendez-vous, les voitures et les magasins. Jusqu'à ce qu'ils restent accrochés à une vitrine qui n'aura pas du attirer mon regard. Dans celle-ci se trouve une affiche, d'un bébé à la peau rose qui rie. A ce sujet, il est écrit en grosses lettres d'imprimerie, une publicité qui vante un test de grossesse favorable et très sûr. Mon c½ur commence soudainement à battre de plus en plus fort, alors que mes doigts se rafraîchissent. Oh Dieu. Ce n'est pas possible.
Tout le monde conspire donc contre moi ?

P a r t i e * 0 3
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Ma raison me pousse à faire demi-tour, pour ne pas me laisser tenter par cette bêtise, non, la bêtise la plus stupide de toute ma vie. Mais mes pieds ne veulent pas m'obéir et ne bougent pas d'un millimètre. Tout mon corps, sauf le sentiment que me procure mon ventre, sait très bien que mon cerveau est actuellement irréfléchi, et que mes pensées sont totalement aléatoires et me déconcertent tant que je n'arrive pas à récupérer mes esprits.
Qu'est-ce que je suis entrain de me faire croire ? Quoi ? Je suis un gars merde ! Je suis un garçon *garçon* ! Un mâle ! Au sexe adéquat !
Bien que je ne sois pas réellement un exemple pour tout le monde, car j'ai une coiffure de fille. Et que j'aime lire des magazines féminins. Et que j'achète très souvent des vêtements au rayon femme. Okay, et parce que je me maquille. Et aussi, parce que, comme des mauvaises langues l'affirment, j'ai les traits féminins.
Elles l'affirment, ou elles le savent ? Une voix résonne dans ma tête. 'Elles le savent', dit-elle, blessante. Elles savent mieux que toi-même comment tu te montres, et qui tu es ... non ?
Je reste juste là, comme ça pendant un long moment, sans plus rien sentir. A cet instant, chaque personne normale se moquerait de moi ou secouerait simplement la tête avec pitié. Je suis malade mentalement. Ca doit être ça. Pendant un moment, mes pensées se concertent et finissent par admettre que j'incarne plus de féminité que de masculinité. Et mes pieds croient visiblement la même chose que mon esprit. Ils se mettent en marche. Ils me dirigent vers la pharmacie.
La certitude crie après la confirmation. Certitude. J'ai besoin d'une confirmation, autrement ça ne se terminera jamais.
Un souffle me parvient alors que la porte s'ouvre. Ca a une odeur assez indéfinissable, un mélange de médicaments, onguents et comprimés divers.
Aucun client devant le comptoir. Juste une pharmacienne derrière. Elle m'observe soupçonneusement.
-« Puis-je vous aider ? »
-« Un test de grossesse. »
prononcent mes lèvres traîtresses, sans que je ne leur en donne l'ordre.
La dame, début de la cinquantaine les cheveux légèrement grisonnants, m'examine une nouvelle fois à travers ses lunettes.
-« De la vitrine ? »
J'acquiesce. La pharmacienne se détourne et fouille dans un tiroir. Rapidement, elle pose le petit emballage multicolore sur le comptoir et énonce le prix.
Merde, mais qu'est-ce que je fais ici ? Mon royaume pour que personne n'entre dans cette putain de pharmacie !
Il m'est presque trop difficile de parcourir les deux mètres qui me séparent du comptoir et de poser dans sa main le billet, en tremblant.
Pas de doute que ces doigts sont bien plus chauds que les miens.
-« Ce ne serait pas un enfant désiré, si je puis me permettre ? »
Je relève la tête et regarde la pharmacienne à travers mes lunettes, comme si je n'avais pas compris.
-« Pardon ? »
-« Vous êtes, au cas où le test serait positif, tombée involontairement enceinte ? »

Ma bouche s'entrouvre, et je dois me rassembler pendant un instant avant de digérer sa question. La vieille me prend réellement pour une FILLE ! Elle me prend pour une femme ! Mais elle a des tomates dans les yeux ?
Je veux protester méchamment, mais ma raison m'arrête à temps, et je réalise que c'est mieux comme ça. Il est sûr à cent pour cent qu'elle ne m'a pas reconnu. Il s'agit donc de trouver au plus vite une réponse.
-« Mmh ... c'était ... un accident. »
Les traits de la pharmacienne s'adoucissent et elle me regarde déjà avec compassion.
-« Alors je vous souhaite bonne chance. »
Je me la souhaite aussi. Et à vous la peste.
J'acquiesce rapidement, enfonce le test profondément dans mon sac avec fébrilité, et fait demi-tour sur la seconde, ne voulant pas rester dans cet endroit maudit plus longtemps. Enfin dehors, j'inhale un grand trait d'air frais.
Je ne remarque que maintenant, mes genoux tremblants, mon pouls extrêmement rapide et la sueur froide sur la paume de mes mains.
Les mètres me séparant du magasin de disques me paraissent des putains de kilomètres. En ce moment je ne sais même plus où se trouve ma tête.
Maintenant, j'ai envie de d'éclater de rire face à la bêtise que j'ai faite, ou de me gifler. Mais une autre partie de moi voudrait la certitude.
C'est comme si tous mes pressentiments, toutes me craintes que j'ai eu au cours de ma vie me revenaient. Chaque moment, où j'ai été ridiculisé parce que j'étais différent, ou dans lequel quelqu'un aurait fait une remarque à propos d'un comportement, d'un geste que j'aurais fait en dehors des normes, défilait à mes yeux. Il y a eu plus qu'assez de moments tels que ceux-là. Et assez de paroles pour me dire que je n'étais pas normal. Que je ne l'ai jamais été aussi.
Je réussis à m'appuyer contre la vitrine, pour pouvoir tenir debout, sentant mes genoux prêts à céder.
Je ne suis pas normal. La phrase me parait tout autre, et dite presque comme un fait attesté, prouvé. Cependant, je ne dois peut-être pas la croire. La paix entre en vigueur, permettant une nouvelle réflexion, qui demande si cette phrase est réelle, et si elle ne l'a jamais été.


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Un chapitre fini encore ! =)
Officiellement, Lykos en est au chapitre 17
(elle l'écrit en ce moment ^^).
Comme vous le voyez ... on a de la marge xD
Comment vous trouvez ? =D

J'ai acheté le DVD Live.
Il est ... *ç*

© Stern_*

# Posté le mercredi 21 novembre 2007 08:15

Modifié le dimanche 06 juillet 2008 10:29

n# 05. Kιи∂ Dєя S¢нαи∂є - Chapitre 05

n# 05. Kιи∂ Dєя S¢нαи∂є - Chapitre 05
____CHAPITRE_______________BESTÄTIGUNG_______________3 Parties_______________Tom opening____
____CHAPITRE_______________BESTÄTIGUNG_______________3 Parties_______________Tom opening____
______,_05__+,________________Confirmation_:_:___________.__Postées_:,___________,__his present____!
____CHAPITRE_______________BESTÄTIGUNG_____________.__Postées_:,___________,__his present__!__

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P a r t i e * 0 1
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Des voix familières me parviennent, elles m'appellent. Je tourne la tête dans leur direction, pour découvrir les trois autres. Ils me font signe en rigolant. Tom semble avoir acheté son album si j'en juge par la lueur qui brille dans ses yeux. Je ne sais même pas combien de minutes ou d'heures j'ai passé devant ce magasin. En attendant. En pensant. En luttant. Je me sens lessivé. Et il n'est pas tard, le soir.
Mes idées sont un poison, qui a rendu mes membres lourds comme du plomb et empêche toute activité extérieure positive de me rendre heureux. Je me force quand même à leur sourire. Puisque je suis encore appuyé contre le mur, les gars viennent vers moi.
Georg me sourit largement.
-« Hey vieux, le CD de Sammy Deluxe est un truc de fou. »
Ma tête opine automatiquement. Soudain, la main de Tom se pose sur mon épaule.
-« Tout est en ordre, Billy ? Tu es si pâle. »
-« Je vais bien. »

Je suis un super menteur. C'était presque bon pour l'Oscar. J'aurais du être acteur.
-« Les G's ont faim. Nous allons à McDo maintenant. Tu viens avec nous ? »
Je regarde Tom dans les yeux, fatigué. Ils miroitent. Ils tentent de me faire céder. Normalement, ce serait déjà fait, mais là ça ne va pas. Donc, je secoue la tête négativement, et essaie de ne pas paraître trop dispersé.
-« Nan, je vous laisse cette fois. Je prends un taxi pour l'hôtel. Je suis K.O. ... »
Maintenant, trois paires d'yeux sont posées sur moi. Irrité, plein de reproches. Okay, je ne suis peut-être pas si bon menteur et acteur que je ne le pensais.
-« Alors, je viens avec toi. »
Tom cède à sa protection instinctive. J'ai provoqué sa méfiance.
-« Non, je ne veux pas que tu viennes seulement à cause de moi. Reste avec les G's, je vous souhaite une belle après-midi. »
-« Tu es sûr ? »
se mêle, finalement, Gustav.
-« Oui, et maintenant allez-y. » [Bill]
-« On te rapportera a bouffer. »[Gustav]
-« Gustav, tu ne penses donc qu'à la nourriture. »[Georg]
-« Ce n'est pas vrai du tout, tu fais chier ! »[Gustav]

La querelle de nos deux amis est froidement ignorée par mon frère. L'activité qui règne dans ses yeux prouve qu'il est en intense réflexion. D'une part, il aimerait bien passer son après-midi avec ses amis, et d'autre part il aimerait rester avec moi pour s'assurer que je vais bien. La connaissance de ce dernier facteur me fait chaud au c½ur. Mon frère se priverait de tout pour moi, si je le laissais faire. Je lui fais un beau sourire.
-« Maintenant, vas. On se retrouve ce soir de toute façon. »
Ses doutes s'émiettent lentement, mais il ne veut pas se tromper.
-« Vraiment ? Tout ira bien ? »
Je hoche la tête rapidement. Ses doutes sont totalement dissipés.
-« Alors okay. Mais si ça ne va pas, tu m'appelles, hein ? »
-« Bien sûr. Alors à toute à l'heure les gars ! »
-« A t'à l'heure. »[Tom]
-« Tchao Vieux. »[Georg]
-« Tschüss Bill. »[Gustav]
résonnent simultanément ces au revoirs.
Alors ils partent et disparaissent dans la foule de gens fébriles comme un raisin dans la tempête. Il est temps de revenir en arrière. Je n'ai rien perdu de mon état. Je cherche un espace avec moins de monde sur le trottoir et fais signe à un des taxis de s'y arrêter.

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La première étape de la voiture jaune est épuisante, comme si je pesais une tonne. La deuxième comme si j'en pensais une demie. Quant à la troisième, je me sens irréel, comme si je progressais sur des nuages. Et à la quatrième, j'avance vers l'échafaud. A chaque pas, un autre sentiment. Et ces sentiments me rappellent la confusion que je possédais tout à l'heure et qui revient sur ses pas.
Quelques employés de l'hôtel me saluent au passage, mais je suis incapable de répondre à leur gentil geste. Mes pas mènent automatiquement jusqu'à l'ascenseur qui me permettra de monter le plus vite possible. Le petit espace est muni de miroirs qui font paraître plus grand. Le gracieux type aux cheveux noirs qui se reflète sur plusieurs cotés ... qui est-il ? Est-il un garçon normal ? Va-t-il mal tourner ? Le stress lui monte-il à la tête en le rendant malade ? Les portes métalliques s'ouvrent.
Une femme, dans la quarantaine, vient à ma rencontre, habillée d'un tailleur propre et elle hoche la tête avec bienveillance pour me saluer en passant. Je fais de même plus implicitement. Elle sait exactement qui elle est. Elle le montre à tout le monde. Et tout le monde le sait. Elle vit à fond sa féminité. Mais qu'en est-il avec moi ?
Je fouille dans ma poche de jean, cherchant ma Key-card, et ouvre la porte de la chambre 483. Quand celle-ci se referme derrière moi avec un craquement sonore, ma façade s'émiette. J'ai réussi jusqu'ici à ne pas agir trop étrangement par rapport aux autres, mais la question se pose à nouveau en moi et me tourmente. Je dépose mon sac sur la table de nuit en passant, et je me rappelle soudain ce qu'il contient.
N'y touches pas, me murmure ma raison. Tu es normal.
Je me détourne du sac, et attrape la télécommande, mais au moment où j'allais me placer devant la télé, je m'arrête à nouveau. L'autre partie s'inscrit au mot. Ce sentiment au niveau de mon ventre. Et c'est bien plus énergique que ma raison.
Fais le test, chuchote t-il, tu n'as rien à perdre. Personne ne sera au courant et tu te sentiras plus sûr.
Je pose la télécommande de côté et observe mon sac de cuir blanc et noir comme s'il était un ennemi que je devrais détruire le plus vite et brutalement possible. Puisque là dedans se trouve la résolution à mes problèmes. Un objet en principe destiné aux femmes et qui va être détourné de sa fonction originelle. A savoir, par le leader et chanteur d'un groupe de rock qui perd peu à peu la raison. Le tout est si stupide que je dois secouer la tête et éclaircir ça. Quelle personne à la raison non-défaillante construirait une telle connerie ?


P a r t i e * 0 2
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Je lance à nouveau un regard dévastateur à mon sac. Mais celui-ci sort intact de mon attaque visuelle. Il se trouve juste là, et me nargue en tant que gardien de l'objet qui me trouble tant émotionnellement. Je cligne de l'½il brièvement. Le sac n'a pas bougé.
Un souffle de mépris quitte mes narines. Alors je capitule devant mon incroyable et propre bêtise, en attrapant les bretelles de cette chose pour la porter sans douceur jusqu'à la salle de bains, en finissant par la jeter sur le rebord à coté du lavabo.
Le sac qui parait innocent, récolte encore un regard noir de mes yeux maquillés. Et pourtant le sac n'est pas la cible de ma colère, mais mon sentiment au niveau du ventre. Je t'en prie, laisses mon cerveau réfléchir ! Et beaucoup s'il te plait. Que je puisse l'utiliser. Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même si je me laisse faire par ce sentiment ridicule. Mais tant pis.
J'expire à nouveau un souffle tremblant, et ouvre le sac en roulant des yeux. Il faut que ce soit derrière moi. Alors j'aurais la conscience tranquille pour l'éternité. Et encore mieux, je ne repenserais jamais à ce moment ridicule. Sinon, je pourrais à tout moment, me ré interroger. Après avoir un peu fouillé, je vois le petit objet multicolore, le saisit et le lève à hauteur de ma vue.
Incroyable. J'ai vraiment acheté le test. C'est seulement maintenant, que je m'aperçois du scandale que j'aurais pu créer si on avait découvert ça sur moi ou reconnu avec. Je vois distinctement la première page du journal de demain, avec un gros titre écrit en rouge et une photo de moi : le scandale autour du front man de Tokio Hotel, Bill Kaulitz devient t-il père ?
Abstraction faite de la foire qu'il y aurait eu, je pense à ce que ce serait d'être père. Je n'aurais pas pu me présenter n'importe comment. Une femme à mes cotés, nos deux enfants et moi en costume cravate. La présentation est aussi absurde que le scandale que j'aurais pu déclencher.
Il n'est pas difficile d'ouvrir le petit emballage du test et de lire l'instruction pliée soigneusement à l'intérieur. Il faut uriner sur la surface et attendre deux minutes.
Une barre : pas enceinte. Deux barres : enceinte.
En retirant le test de la boite, je me jure que jamais plus je ne ferais une chose aussi humiliante de toute ma vie. C'est déjà bien assez humiliant pour un homme. Négligemment, je me place devant la cuvette des toilettes, déboucle ma ceinture de strass, et déboutonne mon jean pour mettre au jour ma plus belle partie.
C'est okay jusqu'ici. Et maintenant, venons-en à la chose la plus absurde que Bill Kaulitz, le chanteur front man d'une certaine bande allemande se permet de faire.
Ma main se met à trembler sensiblement, prend le test et je réussis malgré tout le désordre qui règne intérieurement, à uriner à l'endroit indiqué sur le test. Pas plus que le strict nécessaire. Tout ça, c'est tellement fou, qu'il a fallu que je prenne sur moi-même pour arriver à me concentrer.
Après avoir remballé mon membre et m'être lavé les mains, je m'appuie plus qu'ostensiblement contre le meuble du lavabo et observe le test qui repose sur la lunette des toilettes, détournée de son utilisation habituelle. Les secondes passent dans le silence et la tension dans mon corps augmente. Qu'est-ce que je fous ? J'ai rien à craindre.
Chaque tic-tac de l'horloge sur la porte de la salle de bains, fait accélérer mon rythme cardiaque. Merde, mais qu'est-ce qui se passe ? Je suis un GARCON ! Avec chacun de mes souffles plus rapides, les paumes de mes mains se refroidissent et s'humidifient. Mon Dieu. Mais pourtant, tout est en ordre. Il ne peut rien arriver.
Je regarde le test. Il travaille encore. Pas d'annonce. Je frotte les paumes de mes mains, plusieurs fois d'affilée, pour qu'elles se réchauffent et faire évaporer l'humidité. Mon rythme cardiaque augmente encore. Je le sens fortement palpiter dans mon cou.
Mon regard tombe à nouveau sur le test. Il a donné un résultat.
Deux barres.
Tout s'estompe autour de moi.
Deux barres.
Tout se tait. Le silence prend place.
Deux barres.
Je ne suis plus qu'un étui vide.
Deux barres.
Je vois deux barres sur ce putain de test, bon Dieu !
Deux barres.
Mes jambes cèdent sous moi. Tout tourne.
Deux barres.
Mais pourquoi il y en a deux ?
Le vide en moi se remplit d'une obscurité brutale qui s'empare de mon âme et l'étrangle. C'est impossible me crie la raison qui avait perdu face au sentiment de mon ventre tout à l'heure. Elle meurt lentement avec tous mes pressentiments et mes craintes, écrasé par une nouvelle certitude.
Je suis enceinte. Le résultat du test traverse mon esprit et prend la place de tout ce qui s'y trouvait avant.
Je suis enceinte. J'attends un bébé.

P a r t i e * 0 3
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Une nouvelle vie, un petit être humain grandit en moi. Non, crie la raison une dernière fois. Non ce n'est pas vrai. Le test se trompe. Alors elle finit par s'épuiser, et me laisse dans la douleur de mon âme.
Je suis enceinte.
Je ne suis pas normal.
Je le savais. Depuis toujours. Je sais depuis toujours que je ne suis pas comme les autres hommes. Et que je ne l'ai jamais été. Maintenant, j'en ai la certitude, et elle vient d'entrer dans ma vie brutalement. Ce sentiment au niveau de mon ventre, avait raison. Ca ne m'a pas trompé. Ca ne m'a encore jamais fait reculer. Et maintenant, elle influe fortement sur ma raison. Pour me dire que je suis plus féminin que masculin. Et qu'en plus je ne dois pas aller voir un médecin. Je me fixe dans le miroir et je le reconnais. Chaque mimique et geste différent me trahit. Mon sentiment de ventre a raison. Sans aucun doute.
Parce que cela coïncide avec les souvenirs que ma mémoire me ramène. Elle me rappelle des scènes ou mes camarades m'insultaient de 'tante'. Egalement la fois ou une vieille dame m'avait demandé si j'étais une fille ou un garçon. Ou encore les articles des magazines qui parlaient de ma tendance 'androgyne', que j'ai peut-être lancé, d'ailleurs. Ils le savaient tous avant moi. Que je ne suis pas un garçon normal. Ils l'avaient vu, ils l'avaient pressenti. Tous sauf moi.
J'étais renfermé sur moi, unique, parce que je ne voulais pas voir la vérité en face. J'ai toujours pensé que c'était seulement mon style. Mais ce coté féminin envahissant, je ne voulais pas l'écouter. Et, en voici les résultats présents.
Je suis enceinte. Parce que je n'ai pas interprété correctement les signes que mon corps me donnait. Et pourtant, ils étaient si voyants. Quel garçon se maquille ? Quel garçon s'achète des vêtements au rayon femme ? J'aurais du le savoir.
Mais qui suis-je ? La science me donnerait sûrement le nom d'hermaphrodite, d'hybride. Oui, sûrement. Ca doit être ça. Ca ne peut pas être explicable autrement. C'est l'unique possibilité qui fait qu'un garçon ait pu tomber enceinte. C'est fou. Et si irréel.
Pourquoi ça ne peut être un mauvais rêve dont je me réveillerais bientôt ?
Je suis assis ici et je suis enceinte.
Enceinte de ...
Un sanglot de torture et une mer de larmes me secoue et font voler en éclat mes fondements. Je suis à peine capable de me tenir, avec cette connaissance si dure qui me rattrape.
Je suis enceinte de mon propre frère. Plus encore. De mon jumeau.
Je suis enceinte de ma propre chair, de mon sang.
Tom va devenir père. Nous allons devenir des parents.
Un enfant d'une relation incestueuse. Un bébé qui n'aurait jamais du exister. Biologiquement il ne peut pas exister.
Mes sanglots deviennent incontrôlables et me font trembler encore plus. Ca ne peut pas être vrai. C'est un cauchemar. Ca ne peut pas être vrai.
Pourquoi Tom ne vient-il pas me secouer pour me réveiller ?
Parce que tu dois vivre avec la honte de ce que tu as fait, chuchote une voix, mauvaise. Tu as péché, tu as craché au visage de Dieu. C'est sa punition.
J'enlace mon corps de mes bras, aveuglé par mes larmes, et commence à me balancer. Pourtant, tout ce que je voulais c'était un peu de bonheur dans ma vie. Une vie avec Tom. Pourtant, je ne voulais rien de plus.
Il est trop tard, répond la voix, moqueuse. Maintenant, tu fais la pénitence de ta faute. Je balance encore mon corps de plus en plus fort, dans le faux espoir que je nourris. La certitude railleuse se trouve devant moi, sous la forme d'un petit test posé sur la lunette des toilettes.
Qu'ais-je fais ?

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Lykos en est au chapitre 20, qu'elle écrit actuellement.
La 19 était splendide. Il est très réaliste, bien que ...
j'aurais vu la réaction de Tom un peu plus violente xD
Et puis ... comment vous trouvez ?

© Stern_*

# Posté le mercredi 05 décembre 2007 07:20

Modifié le dimanche 06 juillet 2008 10:04

n# 06. Kιи∂ Dєя S¢нαи∂є - Chapitre 06

n# 06. Kιи∂ Dєя S¢нαи∂є - Chapitre 06
____CHAPITRE______________VERZWEIFLUNG______________3 Parties____________________The___-___
____CHAPITRE______________VERZWEIFLUNG______________3 Parties____________________The___-___
______,_06__+,______________-__Désespoir_:__:___________.__Postées_:,___________-_,-__Fragility____!
____CHAPITRE______________VERZWEIFLUNG____________.__Postées_:,____________,-_-_Fragility__!__

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P a r t i e * 0 1
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Je détourne les yeux. Aux premiers instants, je ne reconnais rien, puisqu'un voile de larmes me cache la vue. Je cligne des yeux. Une fois. Deux fois. Les contours deviennent vagues. Le test utilisé se trouve toujours là. Avec ces deux barres, qui montrent à n'importe qui que moi, un gars, suis enceinte.
-« Ce n'est pas possible. » prononcent mes lèvres, avec incrédulité.
Je cligne des yeux, à nouveau. Les larmes tombent plus vite. Le test est encore là. Une vague de désespoir s'abat sur moi, encore, je resserre ma propre étreinte, me recroqueville sur moi-même. Mon corps est presque trop faible pour tenir. Une main s'appuie rapidement sur le sol froid pour empêcher mon corps de s'écrouler.
Je pleure et pleure, gémis toute la peine hors de moi, pour tout ce qui m'est arrivé ces derniers temps et dans ma vie généralement. Je mets la peine et la désolation que les autres m'ont causé et que je me suis faite, dehors. Je ne sais pas combien de temps je reste comme ça. Temps et sens de la réalité ont perdu toute importance et signification.
Il y a seulement, le chagrin qui s'est posé sur ma vie comme un voile sombre. Un voile qui ne laisse passer aucune lumière et m'enveloppe dans un froid misérable.
Déjà, dès le début, tout était maudit.
Je souhaiterais ne jamais être né.
Tom aurait une relation normale avec une fille. Il ne perdrait pas la liberté qui concerne sa vie sexuelle. Il n'aurait pas honte de vivre ça, chaque jour. Il ne deviendrait pas un putain de père. Père d'un enfant né d'une relation incestueuse.
Et je ne devrais pas supporter tout ça. Je ne serais pas là, simplement. Et tout serait bien.
Mais je suis là. Je suis assis ici. Moi, le plus jeune des deux jumeaux. Et je dois vivre avec une charge que je ne peux peut-être pas porter. Non seulement, Tom et moi devons cacher notre relation à tout le monde, et maintenant ce test me nargue de façon moqueuse en m'affirmant que je suis enceinte.
Je ne suis pas un gars stupide. Même si l'école n'a jamais été mon fort, je me souviens qu'en leçon de biologie on avait parlé des hybrides aussi appelés hermaphrodites. Des personnes qui sont masculines extérieurement et féminines intérieurement et vice-versa. C'est que je dois en être un, mais je lutte contre cette idée. Mais comment, autrement, le test aurait pu être positif ?
Le test se trompe, me souffle une voix, très bas. Presque trop silencieusement pour que j'y prête attention.
Mais que se passe t-il quand il marche correctement ? Pourquoi n'aurait-il pas fonctionné ? On ne peut se permettre aucune erreur à ce sujet. Les résultats ne sont peut-être pas justes.
Ma main se pose involontairement sur mon ventre.
Si c'est vrai, il est dedans. Là dedans se développe une nouvelle vie à chaque seconde. Le sentiment au fond de mon ventre me le confirme. J'en suis sûr, il ne se trompe pas. Il ne s'est pas trompé non plus en ce qui concerne le test. L'hémorragie était le début. Sûr à cent pour cent.
-« Mon Dieu. »
Ma main libre erre de nouveau sur mon ventre. Ca doit être un cauchemar. Je peux essayer de me le faire croire. Mais la certitude est là. Ainsi que mon intuition, qui ne se trompe jamais, en principe.
Il fait de plus en plus froid. Mon corps se met à trembler plus fort. C'est le moment de sortir d'ici. J'enlève prudemment les traces de larmes. En employant les forces qui me reste, j'arrive à me lever en me soutenant au lavabo. Un regard dans le miroir. Un sentiment d'effroi. Je suis trop moche. Et c'est un euphémisme. Le fard à paupières a glissé, m'offrant une vue cruelle de longues traces noires sur mes joues pâles. Ma peau parait blanche à la lumière vive.
Tout ça m'a tellement affaibli ? La vue de mon reflet m'inquiète. C'est peut-être comme ça justement que Tom me regarde en compatissant. En capitulant devant ce regard, je fais demi-tour avec l'idée de quitter la pièce quand mon regard frôle les toilettes. Le test.
Je prends la petite chose qui m'a fait tant de malheurs et la rince dans les toilettes. Alors, je quitte la pièce, comme sur un nuage, et me laisse tomber sur mon grand lit. Tout est si irréel que je ne sais pas si je pourrais m'y habituer. De toute façon, je ne pourrais sûrement jamais le faire car c'est bien trop absurde dans la vie d'un homme. Tant de sentiments et pensées affluent sur moi que je ne sais pas quoi faire, et je commence par le tout début.
Je vais devenir père ... encore pire je vais devenir MERE !
Oh Gott. Oh Gott !
Que vas dire Tom ? Et nos parents ?
Pourtant, je ne peux pas leur expliquer à tous que moi, un gars, ai un bébé dans le ventre et qu'il soit apparu d'une liaison contre nature, voir incestueuse avec mon propre frère jumeau. J'arrête la rivière de mes pensées avec beaucoup de volonté.
Je dois faire encore une fois un test. Alors je serais totalement sûr. Car deux mêmes résultats ne peuvent pas se tromper.
Le lever est plus difficile que prévu. C'est comme si mon corps mettait toute sa force pour conspirer contre moi. Il m'a trompé longtemps dans ma vie. Il m'a montré quelqu'un que je n'étais pas. Que je n'ais jamais été. Comme au ralenti, je prends les lunettes de soleil sur ma table de nuit et les passe. Un bref regard sur le réveil posé à coté, et son annonce numérique rouge.
Je dois me dépêcher. Pour que les autres n'aient aucun soupçon.
J'enfile une casquette et une veste, et prends le chemin qui me conduira là ou repose l'objet de ma destinée.

P a r t i e * 0 2
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
-« Dois-je attendre ici ? »
L'homme blond d'âge moyen, les paupières à moitié fermées, me regarde d'un air soupçonneux et interrogatif de ses yeux gris.
-« Oui. Je reviens. Je n'en ai pas pour longtemps. »
Je ferme la porte jaune du taxi et parcoure les derniers mètres jusqu'à la pharmacie. Le voyage n'a sûrement duré qu'un quart d'heure. Mais il m'a paru une putain de demi-éternité. Je me suis assis sur la banquette arrière, partagé entre espoir et désespoir, en même temps. Et le seul résultat fut une migraine. Et elle est si forte que j'ai le sentiment que ma tête va exploser.
J'ouvre la porte. L'odeur des médicaments et comprimés me prend à la gorge. Mais cette fois je ne m'en formalise pas. Entre-temps, tout ce qui n'a pas à voir avec mon état actuel m'ait devenu inintéressant. Un retraité, d'environ soixante-dix ans, vient à ma rencontre. Il est venu chercher sa ration de médicaments pour le mois. La porte se ferme derrière moi.
Un soupir de soulagement quitte mes lèvres. Ce qui réinstalle cependant, un désespoir infini dans le local médical. La dame que j'avais espéré ne plus jamais revoir de ma vie, est encore derrière le comptoir.
Son regard devient plus doux lorsqu'elle me reconnaît.
-« Comment allez-vous ? »
Je suis incapable de répondre à sa question, et expose ma demande.
-« Je voudrais encore un test. »
Etait-ce vraiment ma voix ? On aurait plutôt dit celle d'un petit enfant qui demande à sa mère de le veiller encore un peu avant qu'il s'endorme. La pharmacienne lève un sourcil.
-« Jeune fille, ce test est sûr à 98%. La fabrication est faite avec exactitude et sûreté. Il est presque impossible que le test se trompe. »
Non non, ce n'est pas vrai. Le test doit s'être trompé. Et puis ... je ne suis pas une femme !
Je voudrais protester bruyamment. Ma bouche s'ouvre, puis se ferme, recommence et se referme encore.
Ma raison me conseille de ne pas m'énerver.
-« Je voudrais tout de même le refaire. »
Mon opposition ressemble plus à l'obstination d'un enfant que celle d'un ado qui veut être sûr de ne pas être une erreur de la nature.
-« Êtes vous sûre ? »
Oui, putain.
Ce signe d'un mauvais présage, lui fait me regarder par-dessus ses lunettes, avec un regard perçant.
-« Aujourd'hui il existe beaucoup de possibilités pour ne pas avoir à s'occuper d'un enfant non-désiré. »
Non. Je ne veux pas l'écouter. Arrêtes, donnes moi ce que je veux, vieille folle !
Tu n'as pas la moindre idée de qui je suis. De ce qu'est cet enfant. Et encore moins de *qui* il est !
-« Pensez seulement une fois à l'adoption ou à une aide. Ou même un avortement. »
-« S'il vous plait, donnez-moi simplement ce test. »
éclatais-je, hors de moi.
Mes nerfs ont lâché. Ma patience s'est déchirée. Et la pharmacienne a été tuée de toutes les façons possibles mentalement.
Un regard sur sa mine confuse suffit à me punir de mon impolitesse. Alors seulement elle apporte le test, le plaque sans délicatesse sur le comptoir et me donne le prix sur le même ton impoli que moi, précédemment. Les mains tremblantes, je sors mon porte monnaie et lui donne ce qu'elle a demandé. Mon regard s'est tant concentré dessus que je pourrais reconnaître chaque pièce. Je prends le reste, sans recompter. Le test également, que j'introduis dans ma poche de jeans arrière. Sans au revoir, la pharmacienne retourne dans ses médicaments, et je sais que le vautour a du s'asseoir.
Sans regards en arrière, moi c'est dans le taxi que je m'assois en donnant ordre au chauffeur de 'rentrez chez moi'. L'homme m'écoute attentivement et reprend son service. Pendant tout le voyage, je regarde fixement par la vitre. Dieu, reste à espérer que la femme n'avait pas raison sur ses 98% de sûreté !
Un quart d'heure plus tard - dans mon cas, une demi-éternité - j'ai enfin atteint mon but. Je paie vite le chauffeur, et prends le chemin le plus rapide jusqu'à ma chambre d'hôtel. Mes doigts tremblent déjà tellement que j'arrive à peine à passer ma Key-card dans la fente. Enfin le déclic libérateur.
Arrivé à l'intérieur, le déguisement est arraché, en même temps que le test est retiré de ma poche de pantalon. Je regarde l'emballage. Mon destin dépend de cet objet. Mes jambes me portent avec peine jusqu'à la salle de bains. La procédure est exécutée à nouveau, le test repose sur la lunette des toilettes et un lavage de mains nerveux s'en suit.
Encore attendre.
Chaque battement de mon c½ur monte plus haut que le précédent, jusqu'à mon cou, mes tempes, et mon ouïe qui devient moins bonne à cause de ce bruit incessant. La chaleur monte en moi comme si je me trouvais en enfer, consumé par des flammes avides.
S'il vous plait, pas positif. S'il vous plait, non. Je me laisse glisser contre le mur à coté des toilettes. Être incapable, incapable de penser. Incapable de tout.
Je regarde l'heure. L'aiguille rouge des secondes fait son chemin lentement, dans le cadran. En faisant tic-tac. Irrésistiblement. Mon regard glisse au sol. Les carreaux sont blancs, on peut y voir toutes les saletés. La femme de ménage va hurler.
Mes yeux se fixent sur le test.
Je meurs mille fois en même temps.
Deux barres.
-« Oh Gott ! »
Encore deux barres.
J'ai en moi autant d'hormones féminines que n'importe quelle femme.
-« OH GOTT ! »

P a r t i e * 0 3
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
Je presse mes lèvres l'une contre l'autre fortement, je veux réprimer chaque émotion traîtresse, mais l'obscurité me dépasse et ébranle à nouveau mon âme jusqu'aux fondements. C'est vrai. Je ne me suis pas trompé et ce maudit test non plus. D'innombrables larmes trouvent leur chemin sur mes joues chaudes, en de gros sanglots.
Je suis perdu.
Je suis enceinte.
Je porte un bébé dans mon ventre.
Maintenant, c'est sûr. Définitivement. Le test a réagi à mes hormones féminines abondantes.
Comment je dois l'apprendre à Tom ?
Comment je dois lui expliquer qu'il va devenir père à 18 ans seulement ?
Et pas seulement père d'un bébé normal, non, père d'un bébé créé avec sa propre chair et son sang. Avec son frère. Son jumeau. Son reflet. Un putain de gars !
Les sanglots étouffés se bousculent sur mes lèvres humides, donnant un son désespéré à ma voix.
Pourquoi ça devait arriver ? A moi, une personne sur laquelle les yeux de l'Allemagne sont braqués ?
Mes mains plongent profondément dans mes cheveux et tirent certaines mèches. Mais la douleur créée ne remplace pas le désespoir. Celui-ci ne peut disparaître. Il prend lentement la forme d'une grosse boule qui me serre le cou et m'empêche de respirer. Je lutte en haletant, cherchant l'air, et pose une main sur mon torse à gauche. C'est si douloureux. Tout est si douloureux. L'envie de vomir me prend. Par à-coups je suis capable d'aspirer de l'air, remplir mes poumons. Mais je suis incapable de porter la charge et honte qui se posent sur moi, simultanément.
Que dois-je faire maintenant ?
Je ne m'en sors même pas avec ma propre vie.
Comment est-ce que je pourrais décider pour une vie à naître ?
Ma main glisse toute seule sur mon ventre, encore et encore.
C'est là. Je le sens. Bien que je ne puisse pas le sentir. Mais je sais que c'est exactement là dedans. Quelque part. N'importe comment. Apparu d'un amour qui ne devrait pas exister. Et créé d'une erreur de la nature que je suis, que je ne parais pas être.
Ca sonne aussi faux qu'un mauvais drame. Et maintenant, je n'offrirais à mon intuition aucune foi.
Combien de personnes sur mille sont comme moi ? Et pourquoi, seulement moi devrais en être un ?
Pourtant tu le sais, me blâme ma mauvaise voix.
Le test. Tes manières. Tout t'a trahit.
Je dois lui donner raison. Je ne peux pas fermer les yeux. Je dois l'accepter, même sans preuves médicales. En outre, je ne peux voir aucun médecin. Jamais. Impossible. La vérité serait mise à jour. Et tout serait perdu.
Notre relation. Notre carrière. Notre vie.
D'autres larmes quittent mes yeux et mouillent ma peau brûlante.
Pourquoi ma vie ne peut-elle pas être comme celle des autres ?
Et pourquoi la personne qui m'est le plus chère doit-elle être impliquée dans cette affaire ?
Comment je dois expliquer ça à Tom ?
Et en premier, comment je dois lui apprendre la honte du fait que son petit frère est un monstre avec deux sexes ?
Un son lointain me ramène à la réalité. Laissez moi tranquille. Tout le monde. Je ne veux plus rien entendre. Je ne veux plus rien voir. Le son ne s'arrête pas. C'est une mélodie que je connais. Mon portable. C'est celle qui sonne seulement quand mon frère m'appelle. C'est 'Unendlichkeit'. Notre chanson. C'est assez ironique que Tom appelle à ce moment. Mais il agit.
La vie revient en moi et je m'appuie au mur pour remonter jusqu'en haut. Avec de dangereux mais rapides pas, je rejoins mon sac qui se trouvait sur la commode et fouille pour trouver mon téléphone mobile. Comme si je ne le savais pas d'avance. Tom appelle.
Un sourire, un court sourire s'étire sur mes lèvres, aussi macabre peut-il être.
Notre lien est tout simplement trop fort.
Je presse la touche verte et porte lentement l'appareil à mon oreille.
-« ... Tom ? »
Etait-ce ma voix, ce chuchotement ?
-« Billy ?...Qu'est-ce qui se passe ?Je ne t'entends pas bien. Il s'est passé quelque chose ?On dirait que tu as pleuré. »
Sa voix, à l'autre bout du fil, ma parvient comme s'il était agité. Il ne peut pas savoir. Ca ne va pas.
-« Non non, tout est okay. » Putain de voix traîtresse. « Pourquoi tu appelles ? »
-« Je voulais ... *Nous* voulions te demander si tu voulais venir au cinéma avec nous ce soir, puisqu'on à rien de prévu. »
Il pense toujours à moi. Il ne m'oublie jamais. Mais si attentif soit-il, je ne pourrais pas l'accompagner. Je ne pourrais pas le regarder dans les yeux. Parce que je porte la faute de tout ce qui s'est passé.
-« Non, c'est bon Tom. J'ai encore la migraine. »
-« Tu as quelque chose Bill. Maintenant dis-le. Dois-je venir à l'hôtel ? »

Tout mais pas ça !
-« C'est bon. Ne te fais pas de sang d'encre, je suis okay. »
-« Mais ... »
-« Pas de mais. »
dis-je le plus rapidement possible. Ca me fait de la peine aussi. « Vas-y seul s'il te plait. On se voit ce soir. A toute à l'heure. »
Avant qu'il n'ajoute autre chose, je coupe la conversation d'une pression sur une touche. C'est incroyable le bien et le mal que sa voix me fait en même temps. Mes lèvres se remettent à trembler traîtreusement. Je les presse plus fermement l'une contre l'autre. Je ne peux pas pleurer. Ca n'aide en rien. Ca ne change rien à ma position ridicule. Pourquoi est-ce que je suis toujours si inconséquent ?
Mais je suis déjà trop faible pur hurler. Je suis si épuisé que je n'arriverais même pas à me traîner jusqu'au lit. Mais, avec un dernier effort, mon corps affaibli réussit et je me laisse tomber mollement sur celui-ci. Le plafond de la pièce est blanc et stérile.
Il me donne froid.
Mais je suis trop fatigué pour m'envelopper dans une couverture.
Des images traversent mon esprit, devant mes yeux. Des scènes grotesques. Des grimaces d'horreur. Des rires blessants. Des doigts pointés dans ma direction. Des visages inconnus sans yeux, me regardent.
J'entends des gouttes tomber.
Un bébé. Le bébé de la vitrine. Il sort de l'image, et me regarde avec de grands yeux.
Cherchant de l'aide. Une protection.
Je m'approche de lui et le prends dans mes bras.
N'aie pas peur. Je suis ici. Ils ne te feront rien.
Je serre le petit être dans mes bras. Il s'endort.
Je lui chante une berceuse. Une berceuse très triste. Notre chanson, à Tom et moi.
Soudain, il est là, devant moi. Il sourit. Viens Bill. J'obéis. Il m'entoure de ces bras.
Tout ira bien.
Les gens rient. Ils se moquent de nous.
Tom m'emmène loin d'eux. Ils ne peuvent pas voir la honte.
Mais ils la deviennent.
Je suis perdu. Nous sommes perdus.
Tout est perdu.


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Il est mignon le rêve de Billou <3
Bref, que pensez-vous de ça ?
La suite très bientot =D

© Stern_*

# Posté le mercredi 12 décembre 2007 20:11

Modifié le lundi 07 juillet 2008 12:03

n# 07. Kιи∂ Dєя S¢нαи∂є - Chapitre 07

n# 07. Kιи∂ Dєя S¢нαи∂є - Chapitre 07
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__________CHAPITRE 07 : Schizophrenie (Schizophrénie)




Partie O1:

Une présence agréable me réveille, je la confondrais presque avec mes rêves. Je suis incapable d'ouvrir les yeux. Je suis même trop fatigué pour être quelqu'un. Si l'épuisement pouvait mettre fin à ma vie schizophrène. Si la déprime pouvait quitter ma destinée. Le lit s'abaisse à mes cotés, à hauteur de mon ventre. A peine quelques secondes plus tard, une main chaude aux doigts rugueux caresse légèrement mon visage. La présence me connaît, tout comme je la reconnaîtrais entre milles. Il est venu à cause de moi. Il est venu me voir. M'aider. Il a senti que quelque chose n'allait pas.
-« Tom. » chuchotais-je, presque respectueusement.
Quand je lève mes paupières lourdes, mon regard tombe dans ses gentils yeux bruns qui sont posés avec insistance sur moi.
-« Désolé, je ne voulais pas te réveiller. » chuchote-t-il en déplaçant quelques mèches sur mon visage.
Il avale nerveusement et tressaille en me regardant, inquiet. Il s'est fait du souci pour moi. Je lui suis reconnaissant d'être là. Une brûlure des yeux me prend en traître mais je la réprime avec toute ma volonté. Je pose ma main dans son cou et le masse tendrement.
-« Tu es venu à cause de moi ? »
Ma prudente question presque trop silencieuse, est chassée avec son beau sourire. La brûlure de mes yeux devient plus forte.
-« Tu as pleuré. » dit-il en examinant attentivement mes yeux.
Oui, je l'ai fait. Et il n'a pas la moindre idée, de comment et combien de temps j'ai chialé. Il ne me croirait jamais. Je dois lui cacher. Tout comme le fait que j'aille mal. Il le faut.
-« J'ai regardé un film triste. »
C'est pitoyable. Je suis pitoyable.
-« Et tu te mets dans cet état ? Bill, maintenant dis-moi *vraiment* ce qui se passe ? »
Je me redresse et le regarde directement dans les yeux, mon air devient sérieux. Même si je le voulais, je ne peux pas te le dire frère chéri. Du moins, pas encore.
-« Tom, c'est mieux, que tu ne saches pas toujours tout de moi. Je suis sûr que c'est mieux, que tu ne découvres jamais entièrement mes secrets. »
Je récolte un clignement d'yeux incrédule et déçu.
-« Je suis désolé. » ajoutais-je, compatissant.
Il ne semble pas satisfait. Peut-être que je l'ai rendu encore plus perplexe. Je ne sais pas. Tom lutte un moment contre lui-même. Mais il sait que je peux être quelqu'un de très obstiné, comme lui. Et ce n'est décidément pas le moment de faire une démonstration de force à ce sujet.
Au lieu de ça, il m'attire dans ses bras, ce qui m'arrache un souffle surpris face à cette proximité soudaine, mais très bienvenue.
-« J'ai peur pour toi, mon c½ur. » murmure t-il d'une voix désespérée dans mes cheveux. « Tu es si différent à présent. »
Je ferme les yeux, capitulant devant son inquiétude, glisse mes bras dans son dos et le serre très fort.
-« Je suis désolé. Je ne veux pas. »
-« Je le sais, je sais. »
chuchote t-il comme une prière dans ma nuque et commence à me serrer doucement. « Mais je sens que quelque chose te pèse. »
Maintenant, les larmes pleurées silencieusement, trouvent leur chemin sur mes joues et plus bas. Mes mains s'agrippent solidement au t-shirt de Tom qu'elles ne veulent plus lâcher.
-« Oui. » avouais-je sans le vouloir. Naturellement qu'il y a quelque chose. Naturellement, il l'a remarqué. Rien n'échappe à Tom. Il est une partie de moi. Nous sommes un. Il veut se détacher un peu de moi pour pouvoir me regarder dans les yeux, mais je le retiens. Il ne peut pas voir que je pleure. Autrement je perdrai contrôle et lui dirait tout. Il abandonne et m'enlace à nouveau.
-« Alors pourquoi tu ne veux pas me le dire, Bill ? Nous pouvons tout nous dire. Et nous nous sommes toujours tout dit. Alors pourquoi maintenant, non ? »
Son reproche est plus que justifié. Jusqu'à aujourd'hui, la cachotterie est quelque chose que nous avons évité le plus possible, puisque ça aurait nui à notre relation de jumeaux. Si on se fait confiance aveuglément, si on se montre tel qu'on est, alors aucun secret ne doit exister. Du moins pas ceux qui concernent notre vie. Comme celui que je protège aujourd'hui avec certitude sous mon c½ur. C'est le seul dont je dois priver Tom. Au moins jusqu'à ce que je ne puisse plus. Je dois réussir à la garder pour moi seul. Et si j'y arriverais ... seul Dieu le sait.
-« Pardonnes-moi. » demandais-je « S'il te plait ne m'en demandes pas plus. »
Les larmes tombent plus vite. Mon frère me serre plus fort. Ses caresses dans mon dos se font plus nombreuses. Il n'y a pas besoin de mots pour me consoler, Tom le sait. Il a une façon incroyable de me retirer mes problèmes, simplement en m'enlaçant. Dans ses bras, je peux me montrer vulnérable. Sous sa protection, je peux être moi. Sans lui, je ne suis rien. Il est tout ce que je suis. Sans lui, aucune vie n'est possible pour moi.
Je ferme les yeux.
-« Je t'aime plus que tout. »
Les caresses de ces mains sont stoppées brièvement et remplacées par un tendre baiser dans mon cou. C'est en quelque sorte un témoignage d'amour fort. Tom n'a jamais été quelqu'un qui accorde beaucoup d'importance à ses trois mots. Même jusqu'à maintenant. Et je suis incapable de le faire changer d'avis.
Lentement ses mains glissent sur mes flancs, à hauteur de mes côtes et nous détachent l'un de l'autre, il peut donc voir mes yeux. Avec toute la douleur et le désespoir qui y brillent, et que je montre à mon frère.
-« Je ne supporte pas de te voir comme ça. » prononcent ses lèvres.
Ses yeux sont presque noirs, dans la faible lumière du soir qui nous parvient de la fenêtre. Mais je sais. Je sais comme ça doit te faire mal de me voir comme ça, grand frère. Et ça n'est pas différent pour moi. Mais c'est mieux que la vérité. Elle serait encore plus douloureuse pour toi.
Que dirais-tu, si ton jumeau t'avoue être un hermaphrodite ?
Que feras-tu s'il te disait qu'en raison de cette déformation, il est tombé enceinte de toi ?
L'une de ses mains se pose prudemment sur ma joue et enlève avec hésitation mes larmes, comme si, je pouvais me briser sous un mouvement inconsidéré. Il se sent sûrement responsable d'une quelconque manière. C'est comme ça depuis toujours. Si l'un de nous avait souffert, l'autre se sentait coupable. C'est une partie de notre lien si serré. Et je ne voudrais jamais briser ce lien.


Partie O2:

Je ne peux pas garder mon secret éternellement pour moi, c'est clair. Mais je ne l'avouerais pas tout de suite à Tom. Je veux qu'il soit heureux. Je suis prêt à suivre le chemin du désespoir seul, jusqu'au jour décisif. Je souris courageusement.
-« Merci Tommi. »
Mon sourire ne trouve pas de réponse. Pas maintenant. Peut-être, à un moment donné. Mais pas ce soir. En revanche, il est préoccupé maintenant. Est-ce qu'il me reste une autre solution que de lui dire désormais ?
-« Hey. Maintenant, ne te fais plus de soucis, mon c½ur. Si ça devient trop encombrant, je t'en parlerais. »
La demande d'une aide de sa part le fait réagir. Son front plissé se lisse. Ses traits s'adoucissent.
-« Bien. Mais promets-moi de me le dire si ça ne va pas. »
-« Promis. »

Après confirmation de ce v½u solennel, je lui adresse un sourire rempli de sincérité. Il mériterait plus. Si je le pouvais, je lui dirais tout maintenant. Tout ce qui me perturbe. Tout ce qui me détruit intérieurement. Au lieu de ça, je me tais devant lui et vais finir seul. Comme c'est ridicule. Je sais pourtant qu'il finira par le savoir. Ca c'est toujours fait comme ça. Mais comment ça va arriver dans l'avenir ?
-« Dois-je rester ici cette nuit ? »
Tom m'impose prudemment sa question hésitante.
-« Ne le prends pas mal s'il te plait ... mais c'est peut-être mieux que je dorme seul cette nuit. »
-« Mmh. »
acquiesce t-il, déçu.
Je lui fais du mal. Mais il n'y a aucun autre chemin à prendre pour pouvoir le ménager. Comme pour le consoler, je place timidement un court baiser au coin de ses lèvres. Tom me regarde tristement. Il m'attire contre lui et presse un baiser sur mon front.
-« Dors bien. Tu sais où je suis si tu ne te sens pas bien. »
-« Mmh, merci. Bonne nuit. »

Mon frère m'offre encore un dernier regard inquiet et rempli d'affection, il se lève et quitte la pièce. Pas comme le fier Tom Kaulitz. Plutôt comme un jeune homme consterné qui a perdu quelque chose.
Je suis assis sur le matelas. Et seul dans la pièce.
Quelque chose en moi aspire plus que tout à ce que je dorme avec Tom, au lieu de rester seul dans la souffrance. Mais je sais aussi que c'est mieux, que Tom ne dorme pas ici. Si je dois encore vomir demain matin, sa méfiance sera éveillée à coup sûr. Et je veux éviter ça, autant que possible.
D'un air las, je glisse au bord du lit et me stoppe quelques instants, avant de prendre la direction de la salle de bains en vacillant. Le visage, de l'autre coté du miroir, est aussi pâle qu'avant. De sombres cercles se dessinent, avec du fard à paupières partiellement passé, sous mes yeux fatigués. Inévitablement, je me trouve face à la question de : qui suis-je réellement ?
Une peur démesurée d'y répondre me tord l'estomac. Mais si je ne peux pas répondre à cette question, alors qui le pourra ? Ne doit-on pas le sentir ? Est-on ce que notre corps nous dit d'être ? Si c'est le cas, qui suis-je *vraiment* ?
Mes mains se posent prudemment sur mon ventre.
Et qu'en est-il de ce bébé, cette petite créature qui grandit en moi ? Que lui arrivera t-il ? Il est dans un ventre, dans lequel, il ne peut pas se trouver. Il grandit dans un corps qui n'est pas fait pour porter un bébé. Il a débuté sa vie dans un garçon qui ne sait pas qui il est vraiment, ni ce qui va lui arriver plus tard.
Vie ou mort ?
Pourquoi m'a-t-on mis dans cette position de Dieu, qui décide si une vie est autorisée ou pas ?
Automatiquement, mon rituel de fin de journée commence.
Je n'ai pas eu le choix de l'existence de cette vie. Alors pourquoi je devrais décider si elle doit naître ?
Le souvenir de toutes sortes de talk-shows où on discutait d'avortement, me revient. Des mères qui avaient avorté leur bébé s'asseyaient et ne s'en voulaient même pas. Elles s'en sont *simplement* débarrassées.
Je n'ai jamais approuvé ça. Pourquoi tant de gens parlent d'un bébé à naître comme d'un objet dont on peut disposer librement ? Des femmes assises là, devant tout le monde, remplies d'égoïsme pervers qui m'a tant choqué. Elles arrivaient à sourire. Elles souriaient bien qu'elles aient supprimé une vie humaine. Comme on doit être prétentieux pour considérer la vie avec si peu de valeur.
Mon automatisme me fait déshabiller. Bientôt en pyjama.
Pourrais-je faire de même ? Pourrais-je éteindre une vie aussi simplement ?
J'aurais beaucoup de raisons de le faire. Mais aucun droit.
Un coup d'½il dans le miroir. Le garçon de l'autre coté, me regarde avec sérieux.
Que feras-tu ? De quel côté te placeras-tu ? Joueras-tu le bon Dieu ? Où éteindras-tu cette petite vie, sans remords comme ces femmes diaboliques de l'émission télé ?
Le garçon se tait et ferme les yeux, exactement comme moi. C'est inutile. Je ne prendrais aucune décision ce soir. Comment dit-on déjà ? La nuit porte conseil. Okay, dormir me semble une bonne idée. Mais je doute que ce soit de bons conseils, et que tout soit différent demain. Comment ça pourrait l'être en considérant l'état dans lequel je suis ? Il faut reconnaître, qu'on n'a pas la moindre idée de qui l'on est, et encore moins de ce qu'on va faire du bébé.
C'est à hurler.

- - - - - - - - - - -

Je déteste l'idée de le garder.
Après tout, c'est sa faute si j'ai ce goût acide dans la bouche qui a, certes, disparu grâce au dentifrice à la menthe, mais les séquelles de la nausée sont toujours présentes. Rappel de ma grossesse. Comment peut-on faire pour oublier un peu s'il vous plait ?
J'ai la solution pour ma pâleur constante devant les yeux. Et le tout se nomme poudre et rouge pour les joues. Celui qui a inventé ça devrait avoir son monument. Un énorme. Au moins aussi grand que la statue de la liberté de New York. Avec un pinceau, la poudre est appliquée soigneusement et régulièrement ; et déjà la vie me parait plus belle. Un chef d'½uvre si on considère que je n'ai dormi qu'une partie de la nuit, et cauchemardé la deuxième. Mes lèvres sont couvertes d'un peu de gloss rose, tandis qu'elles se serrent fermement l'une contre l'autre. Pour finir mes cheveux sont légèrement ébouriffés.
Un regard examinateur posé sur mon reflet suit la routine. A nouveau je remarque et dois avouer à ma propre honte que je ressemble beaucoup à une fille. Mon côté féminin. Sera-t-il toujours une partie de moi ?
On frappe à la porte. Mon regard tombe brièvement sur l'horloge de la salle de bains : 8h12. Peut-être est-il déjà là ? Ca ne lui ressemble pas. Mais je tiens à confirmer mon idée et me hâte jusqu'à la porte.


Partie O3:

Naturellement c'est Tom, à qui j'ai sûrement manqué.
-« Salut. » Il m'examine brièvement. « Tu as l'air mieux. »
Comment pourrait-il être opposé au fait que je sois féminin ?
-« Salut, Tom. »
-« Tu es prêt ? »

En principe je ne suis prêt à rien du tout, mais seulement ça, intéresserait toutes les filles dehors qui m'idolâtrent et viendraient volontiers avec moi, sans même me connaître réellement. J'acquiesce donc avec obligation.
-« Qu'est-ce qu'on a à faire aujourd'hui ? »
Le visage de Tom prend un air pensif.
-« Une heure de dédicace, je crois. »
Superbe. Encore une heure perdue avec l'intrusion des fans dans notre vie. Qu'est-ce que j'ai fais pour mériter ça ?
-« Et quand c'est ? »
-« Seulement cette après-midi. Notre ami-adoré-et-collant voulait utiliser la matinée pour une réunion. »
-« Tu penses à David en disant ça ? Notre producteur ? »

Un rictus de rire se dessine imperceptiblement sur le visage de mon jumeau.
-« Devines. »
Oh, nan. Pas encore une réunion.
-« J'ai pas envie de venir. Je veux pas y aller. »
-« Tu crois peut-être que j'en ai l'intention ? On manquera tous les deux. »

Aucun de nous deux ne remet en question la colère que nous récolterons si nous ne venions pas. Mais ça m'est totalement égal à cet instant. Un soupir échappe à mes lèvres, rapidement.
-« D'accord, on manquera tous les deux. »
-« C'est c'que j'me disais. »

Une mine triomphante orne le visage de Tom maintenant.
-« Nous devons louper le petit-déjeuner par contre. »
Je savais bien qu'il y avait une condition. Louper le petit dej' ? Et ce dans mon état ? Sans moi.
-« On se rattrapera à Mc Donald's. »
-« Je te suis. » dis-je indifféremment à mon frère, pendant que celui-ci tire ses lunettes de soleil de sa poche et les pose sur son nez. « Matrix. »
-« Quoi s'il te plait ? »
-« Matrix. Tu ressembles à un des agents du film. »

Il réagit en soulevant un sourcil, ses yeux noisette me regardant soupçonneusement par-dessus ses lunettes.
-« Tu trouves ? »
Je hausse les épaules.
-« Laisses tomber. Qu'est-ce qu'on attend pour sortir au fait ? »
-« Tu ne crois pas que tu as oublié quelque chose, frère chéri ? »

C'est à mon tour de regarder mon jumeau avec interrogation.
-« Ton déguisement. »
-« Ah, oui. J'oublie tout en ce moment. »
dis-je confus.
En même temps pourrait-on m'en tenir rigueur, actuellement ?
-« Qu'est-ce que tu ferais sans moi ? » ricane Tom.
-« Oh mais rien, tout le monde devrait t'avoir, tu es une lumière. »
Je fais demi-tour, prend mes lunettes de soleil et ma casquette. Je reviens une fois vêtu à la porte, Tom me regarde en boudant. Sa lèvre inférieure exagérément avancée, son piercing me narguant. Et ce gars c'est, premièrement mon frère, deuxièmement le père de mon enfant. Oh, mon, Dieu.
-« ... quoi ? »
-« Je ne suis pas une lumière. Je suis plus que ça. »

Maintenant, j'aimerais sourire à ce que je vais dire, mais je ne peux pas.
-« La chance que tu as de m'avoir ... »
Avant qu'il ne puisse protester contre le mot 'chance', je scelle nos lèvres en un court baiser.
-« Allez, viens maintenant. »
Il lève le doigt voulant dire quelque chose qui n'a visiblement pas d'utilité, vu que rien ne sort de ses lèvres ouvertes. Ca fait du bien parfois. Non pas que Tom soit du genre à parler à tord et à travers, mais quand il ouvre la bouche trop longtemps ça peut être très irritant. J'avance, mon jumeau sur les talons. Nous prenons l'escalier parce que c'est plus discret. Nous ne croisons - heureusement, on voit les gens paresseux - personne.
-« J'ai l'impression qu'on est entrain de s'échapper. » murmure Tom avec méfiance derrière moi.
C'est un peu vrai. Et ce n'est pas particulièrement ravissant, on ne peut sortir découvert que pour aller à la maison ou à l'hôtel. En plus, je me sens presque aussi moche qu'hier. Se lever, sans savoir qui on est et ce que l'on veut, déprime sans fin. Je me sens, comme une bombe à retardement qui fait tic-tac. Je sais bien que mon état d'évincement des pensées ne fonctionnera pas indéfiniment. Arrivés en bas, j'ouvre la porte et examine le dehors avec précision. Tom me pousse vers l'extérieur et se met à ma hauteur ensuite.
-« Tu es bizarre aujourd'hui. »
-« Dans quel sens ? »

Mon frère fronce les sourcils. Il met en place quelque chose mentalement et je suis presque certain qu'il possède un don pour me faire analyser mes propres sentiments. C'est comme si ses yeux marron pouvaient voir en moi, explorant tout.
-« Bill, je suis peut-être lent sur certains points, mais je ne suis pas idiot. Je vois bien que quelque chose ne va pas. »
Un air embarrassé s'empare de moi, et une chaleur englobe mes joues.
-« Mais Tom, nous avons déjà eu- »
-« Oui, je sais. Mais si tu m'avais raconté, tu serais très certainement sorti directement. »

C'est possible. L'envie de tout lui raconter me vient. Plus que tout. Ca me tue presque. 'Non, intervient ma raison, ne fais pas l'erreur. Autrement il souffrira comme toi !'. Je m'arrête et essaye de le regarder profondément dans les yeux. Naturellement j'échoue.
-« Si ça ne va plus, je te le dirais, promis. »
-« Tu es tellement têtu et obstiné. »

Patiemment, je prends en compte le reproche. Pourtant, c'est pour son propre bien qu'il ne doit pas savoir. Je souris doucement.
-« On va à McDo ou pas ? »
Mon besoin de nourriture distrait Tom dans ses idées, visiblement. Il ne peut plus me tourmenter quand j'ai besoin de quelque chose ou des problèmes.
-« Oui, on prend un taxi. »
Et déjà, il fait signe à deux taxis qui viennent à notre rencontre dans la rue.

- - - - - - - - - - -

Environ une heure plus tard, nous nous trouvons devant le fast-food après un petit déjeuner, dans mon cas très copieux, et le visage de Tom se fait à nouveau interrogatif.
-« Nous devrions faire autre chose ce matin, mon c½ur. »
Oui, et déjà des millions de choses me viennent à l'esprit sarcastiquement. Comme aller acheter des couches, biberons ou tétines ? Ou faire des cours préparatoires à l'accouchement ? Peut-être, faire une échographie chez le premier médecin venu et lire le lendemain, dans les journaux, le plus grand scandale de tous les temps. Ou tout simplement, faire comme ces horribles femmes et avorter pour étaler mon meurtre en rigolant dans un talk-show.
-« Bill ? ... Bill. »
-« Hein ? »
-« Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi tu pleures ? »

Mes mains se glissent sur mes joues par réflexe. Des larmes ont traversé la barrière de mes paupières sous mes lunettes de soleil, effectivement.
Putain, pourtant, je voulais être fort. Suis-je vraiment si sensible ?
-« Je suis désolé Tommi. »
Je me suis mis à courir.
-« Bill ! »
Je cours, plus loin. Et encore plus loin.
Toujours, j'entends la voix de Tom derrière moi. Elle devient plus forte. Je cours tout de même plus loin. Sans faire attention aux gens. Tout simplement. Dans une longue allée, où il n'y a pratiquement personne, Tom me rattrape. Deux mains se pressent sur mon ventre et me colle au haut de son corps. Je sens ses palpitations et tremblements, écoute le battement de mon c½ur et du sien mélangés.
-« Bill ... »
La voix de Tom est un halètement.
-« Pourquoi courres-tu si loin ? »
-« Je cours, mais ce n'est pas loin ... »

Ni crédible, ni convaincant me semble l'argument. Les bras de Tom me tourne timidement face à lui. Je me laisse faire sans résistance. Le souci dans ses yeux a encore augmenté.
-« Maintenant, dis-moi simplement ce qui ne va pas, s'il te plait. »
Aussi vite que possible, et pourtant pas assez pour moi, je baisse les yeux. Dieu, s'il vous plait, non. Je ne peux pas m'échapper maintenant.
-« Fais moi confiance, mon c½ur. Tu peux vraiment tout me confier. »
Son index passe tendrement sous mon menton et sans le vouloir je suis emprisonné par son regard perçant ; ces yeux qui sont les miens mais si différents. Il veut m'obliger. Sans violence, sans mots. Juste par son regard. Je ne peux pas, je ne peux pas. Mais il ne veut pas de 'non'. Que dois-je faire ? Quoi, putain ?!
Je vais lui céder s'il continue. Désespérément.





Ma fiction m-preg d'amour rien qu'à moi xD TeumxBeul

Voilà ! Je suis revenue poster la dernière partie du chapitre.
Je traduirais quand j'aurais le temps un chapitre de plus
(j'vais essayer d'avancer plus, car Lykos est revenue avec deux chapitres --').
Bref. Qu'en pensez-vous ?
Venez donner votre note ici =)

© Stern_*

# Posté le lundi 17 décembre 2007 16:52

Modifié le mardi 19 février 2008 03:54

n# 08. Kιи∂ Dєя S¢нαи∂є - Chapitre 08

n# 08. Kιи∂ Dєя S¢нαи∂є - Chapitre 08
*
*

__________CHAPITRE 08 : Entschluss (Décision)




Partie O1:

J'ai l'impression de le regarder depuis une demi-éternité. Je n'arrive pas à faire sortir un mot d'entre mes lèvres. Incapable de régler mes pensées. Un doux sourire se forme sur ses lèvres. Et ce sourire, c'est clair maintenant, je veux qu'il continue à être, à sourire comme ça. Ce sourire qui m'a volé le c½ur depuis toujours. Il ne doit pas mourir, il ne doit pas disparaître. Donc, il ne me reste que la possibilité de ne pas le lui dire. Bien que cela me fasse de la peine à moi-même. Parce que je déteste cette idée de ne pas le dire à Tom. Avant tout, parce qu'on s'était juré de toujours tout se raconter, même si c'était dur. Tous mes organes s'accordent finalement, pour mettre ma lourde décision à exécution.
-« Je ... ça ne va pas, Tom. »
Mes mains se posent sur les siennes et me libèrent avec hésitation de son étreinte.
-« Mais pourquoi ? Bill, tu me caches quelque chose de gros. Je peux le sentir ! »
-« S'il te plait, ne cherches pas à en savoir plus. Ca ne va pas, c'est tout, tu m'entends ? »

La voix de Tom se fait plus énergique et ses yeux m'examinent profondément.
-« Tu ne me fais pas confiance ? »
Il remet même la confiance que je lui porte en question, maintenant. Magnifique. Je lui jette un regard plein de reproches.
-« Qu'est-ce que tu racontes ? Naturellement que je te fais confiance. Tu es tout pour moi. Gott, à qui veux-tu que je fasse confiance d'autre que toi ... ? »
-« Alors arrêtes enfin cette cachotterie, Bill ! »

Sa voix si pleine de reproches me serre la gorge. Des larmes commencent à se former traîtreusement dans mes yeux, et rendent ma vue floue. Tu appelles ça une cachotterie ? Mais as-tu seulement une simple idée de ce que je t'épargne ? Non, tu n'en as pas. Bien sur, non. Tu pars du fait que je suis *normal*.
L'irritation se joint à ma culpabilité.
-« Ce n'est pas une cachotterie ! »
-« Ah oui ? Quoi d'autre, s'il te plait ? Ne me mens donc pas. »

Mentir. Je ne ferais jamais ça. Tu m'en crois capable ? Tu penses vraiment que je serais capable de le faire ?
-« Comment tu peux seulement dire ça ? » laissais-je paraître de ma confusion intérieure.
-« Bill, je n'ai aucun pouvoir dans ce jeu ! »
-« Un jeu ? »

UN JEU ? Il appelle ça, un ridicule jeu ? Quelque chose en moi déclenche un court-circuit qui se décharge avec un pouvoir irrésistible dans mon corps. Ma main part, rencontrer la joue de mon frère dans un son clinquant. Le bruit me ramène à la réalité. Oh, Gott. Ais-je vraiment fait ça ? Tom me regarde, surpris et confus, la bouche entrouverte d'horreur muette, ses yeux ne me regardent pas réellement ; égarement du à l'action passée. Oh, Gott. Un sentiment de culpabilité se déverse en moi et forcent les larmes à rouler librement sur mes joues. Je ne peux pas regarder Tom plus longtemps dans les yeux, et fait demi-tour directement, dans la direction opposée.
Il ne crie pas après moi cette fois.
Qu'ais-je fait ? J'ai frappé mon frère. L'être que j'aime plus que tout. Il est mon amour. Ma vie. Et j'ai levé la main sur lui. Mes larmes tombent de plus en plus vite, ma vue devient encore plus vague. Comment j'ai pu ? Pourtant, je l'aime. Je l'aime plus que ma propre vie ! Je suis si facile à mettre dans tous mes états que je perds le contrôle de moi-même ? Suis-je si différent de moi-même désormais ? J'avance, sans savoir ou je vais, sans idées.
De temps en temps, des gens passent en sens inverse. Je ne fais pas attention à eux, ignore leurs regards étranges, n'entends pas les messes basses dans mon dos. De toute façon, ça m'est égal. Tout m'est égal. Tout se brise. La façade s'émiette. Tout s'écoulera comme un ruisseau. Et c'est de ma faute. Tout ce que nous allons vivre est de ma faute. Les scandales, les interviews terribles, les articles dénigrants que rédigeront les journalistes sur nous, les regards pleins de reproches, méprisables qu'on nous jettera, tout ça contre un rêve éclaté dont nous rêvions et qui sera, à cause de moi, tombé en morceaux. Parce que je ne suis pas normal. Ma main se presse durement sur ma bouche pour étouffer mes sanglots. Le fait d'avoir amené les autres dans une telle misère pèse lourd sur mon âme. Je voulais seulement être juste avec tous. Je ne voulais faire de tord à personne. Nous voulions seulement vivre notre rêve. Je tourne dans une rue transversale, bordée d'arbres automnaux. Les lumineuses couleurs rouge, orange et jaune d'or me calme sensiblement. Je m'assois solitairement sur un banc et laisse la lumière solaire de l'automne me réchauffer. Un doux vent caresse mes joues mouillées et m'assure qu'un meilleur temps arrive.
Un meilleur temps.
Un sourire moqueur se glisse sur mes lèvres tremblantes, ne convenant absolument pas à l'atmosphère.
Un meilleur temps. Pour moi ?
Comment cela peut être possible ? Et puis, quelqu'un devra également souffrir à cause de moi. Que ce soit Tom, notre famille, et les G's ou le bébé. Et pour la première fois, j'ai tendance à approuver les meurtrières des talk-shows pour l'avortement. Mais ma morale et mon instinct s'opposent immédiatement. Comment j'ai pu penser une seule seconde à tuer cette petite vie qui grandit en moi ? Ca ne va pas du tout. Personne n'a le droit de décider de la vie d'un être. Chaque vie à droit à exister. Ma main se glisse prudemment sur mon ventre qui se soulève irrégulièrement au rythme de ma respiration.
-« Je suis désolé. Je suis désolé de ce que tu dois éprouver. Je ne voulais pas frapper Tom. Pourtant, je l'aime. »
Je commence même à parler au bébé, maintenant ! Un petit rire désespéré se fraie un chemin entre mes sanglots. Je ne peux plus régresser désormais, je suis au plus bas. Je suis prêt pour l'asile. A cet instant, une femme avec un landau passe. Elle sourit doucement et parle avec son enfant dans la poussette un court moment. Son regard n'est pas de ce monde. Elle est ensorcelée. Elle aime son bébé de tout son c½ur. Son enfant. Sa propre chair et son sang. Pourrais-je moi aussi ? Pourrais-je aimer le bébé qui grandit en moi ?


Partie O2 :

Mon c½ur commence à battre plus fort. Pourquoi tu ne le pourrais pas, me murmurent mon instinct et ma conscience. Pourquoi tu ne pourrais pas toi aussi aimer un enfant ? Oui, pourquoi pas ? Je fixe la femme au landau, et la vois sortir un biberon d'un grand sac accroché à la poussette, vois les couches rangées avec soin sous celle-ci. De nouvelles larmes glissent sur mes joues, creusant profondément mon c½ur. Je ne peux pas faire enlever cet enfant.
Je ne le peux pas.
-« Je te garderai. » soufflais-je, avant même de m'apercevoir de la portée de ces mots. « Je n'avorterais pas. Je te le promets. Je te protégerai et ferai attention à toi. »
Je l'ai encore fait. J'ai parlé au bébé. Mais cette fois ça m'est égal.
Je commence même à me demander si l'enfant sera comme Tom et moi. Et s'il aura plus mon caractère ou celui de Tom. Ces questions me retournent l'esprit et en amènent encore une infinité d'autres.
Je me vois dans un magasin pour Bébés. Puis avec deux paquets de couches dans un supermarché. Et encore, à la maison avec le bébé dans les bras lui donnant le biberon. A l'image se joint Tom qui sourit face à nous et m'embrasse tendrement sur le front.
Parce qu'il est fier de sa famille.
Sa famille. Tom, le bébé et moi ... une famille ?
Non, c'est déplacé. Absolument utopique. Ca n'irait jamais. Tout le monde nous mépriserait. Ils n'accepteraient jamais notre enfant, se moqueraient de lui, et l'insulteraient. Tout comme nous.
Je caresse mon ventre en surface. Mais je n'ai aucune raison de tuer ce bébé. Je le mettrais au monde. Et peu importe qui est son père, sa mère et dans quelles circonstances il est né. Et il ne doit pas payer pour moi.
Le bébé aura un visage. Et un caractère. Une forme qui lui sera propre. Maintenant, je m'aperçois enfin totalement que je porte une vie en moi. Un enfant de Tom et moi. Notre enfant. Notre bébé.
Je le garderai.
Ma décision est sûre. La décision est prise.
Et même si le monde entier est contre moi. Je suis d'accord, même si Tom doit me mépriser. Parce que je ne serais pas un assassin. Parce que cet enfant est mon bébé. Et parce que les conditions de sa création ne doivent pas compter. Mélange de frères. De jumeaux. De Tom et de moi.
Tom. Qu'est-ce qu'il dira s'il apprend que je suis enceinte de lui et qu'il va devenir père au cours de notre jeunesse ? Il n'était déjà pas le type même de gars qui veut fonder une famille et être fidèle au même partenaire toute sa vie. Comment prendra t-il ça, à l'apogée de sa jeunesse ? Comment réagira t-il en apprenant que son frère n'est pas à cent pour cent masculin, et qu'il va devenir père ? Il aura honte très certainement. La honte qui pèsera sur nous le consumera intérieurement. Il sera ridiculisé, méprisé. Et tout ça par ma faute, à cause du bébé. Ce que je suis entrain de faire est la pire chose que je pourrais lui faire de toute sa vie.
Mais il n'y a pas que ça. Il devra vivre en sachant que son frère n'est pas un gars normal, mais quelqu'un qui mène une existence schizophrène. Comment en viendra t-il à bout ? Aura-t-il honte à cause de moi ? Ce serait facile à comprendre en tout cas, dans la position actuelle des choses.
Je ne peux pourtant pas me retirer comme ça. Je suis le leader du groupe Tokio Hotel.
Les yeux de beaucoup de gens sont rivés sur moi. Ils attendent que je mène leurs projets à exécution. Je suis un model pour leurs enfants. Mais comment puis-je répondre à leurs attentes, si je ne suis même pas ce qu'ils veulent ? Je suis coincé entre deux mondes, dans une contradiction stupide à laquelle je dois répondre pour les deux.
Mais je ne peux pas faire ça. C'est impossible. Je ne peux pas être le chanteur de Tokio Hotel et le parent d'un enfant né d'une relation incestueuse que le monde renierait lui-même, en même temps.
Je dois me décider pour un des deux groupes - et cela avec ses conséquences.
J'interrompt ma grossesse radicalement, fais retirer mes organes féminins dans une clinique privée et continue ma vie de leader de Tokio Hotel, comme tout le monde le veut.
Ou, je garde cet enfant, renonce à ma carrière et vit avec la haine, le mépris des gens, et peut-être la séparation d'avec Tom parce qu'il a trop honte.
Je me suis déjà décidé.
Avant même de voir les conséquences des deux parties. Et la seule pensée que Tom pourrait se détourner de moi, si la vérité éclate, fait glisser en moi une onde de mélancolie profonde. A celle-ci s'ajoute la crainte de devoir élever l'enfant dans la honte et la solitude complète, sans aide ; la tristesse abat son manteau sur mon corps froid.
Je m'entoure de mes bras, en tentative timide de me réchauffer. En vain.
Je devrai élever cet enfant seul, et sans soutien d'aucun des deux mondes. Tokio Hotel nuira au bébé, c'est évident. Et peut-être que moi aussi, je récolterai plus de haine que je en pourrais le supporter. Mais je ne deviendrais pas un meurtrier à cause de ma carrière. La vie a sa priorité devant mes propres désirs. La vie du bébé est plus précieuse que la mienne.
La vie, c'est sacré.
J'aime tellement Tom que je ferais n'importe quoi pour lui, mais pas respecter une décision de sa bouche si elle menait à la mort du bébé. Douloureusement, je prends conscience du peu de temps qu'aura mis notre couple à se former et du peu de temps qu'il pourrait mettre à se finir, si la honte a raison de nous. Ce n'est pas une lutte que je mène contre Tom ou ma morale. Mais une lutte seul, contre le monde entier. Et je ne peux pas la gagner si, je ne sais même pas où je me trouve et ce que je veux.
Il s'agit donc, de régler mon existence.
Je suis un garçon. Et j'en serais toujours un. Les organes féminins que je possède sont seulement une erreur de la nature dont j'ai été victime. Je ne renoncerai pas au fait de vivre ma féminité. Parce qu'elle fait partie de moi. Parce qu'elle est mienne. Et parce que je ne serais pas ce que je suis sans celle-ci.
Le bébé aussi sera une partie de moi. Et quand il aura vu le jour, je me ferais enlever mes organes féminins.
Une chose sera au moins réglée.
On pouvait déjà voir à ma vie que je n'étais pas normal. J'étais déjà si différent des autres garçons.
Je me suis maquillé. J'ai lu des magasines pour les filles. J'ai trouvé les vêtements de femmes de mieux en mieux par rapport à ceux des hommes. Je n'ai encore jamais aimé une fille normalement. Je n'avais jamais eu de relation solide. Seulement avec Tom. Et c'est mon frère. Mon jumeau.
Je pourrais certainement continuer la liste indéfiniment.
Je devrais plutôt énumérer les choses qui font que je suis un garçon normal.
Peut-être le fait que je vais dans les toilettes pour Hommes ? Ou parce qu'on s'adresse généralement à Monsieur Kaulitz en me parlant ? Comme c'est insignifiant. On peut le tourner, et retourner dans tous les sens, le résultat est le même : j'ai un réel problème d'identité.


Partie O3 :

Je devrais commencer à me faire à ce que je suis : un garçon qui aime paraître féminin. Et plus encore, le père, ou plutôt la mère que je deviens. Je respire à fond. Oui, c'est ainsi que je le vois. Ce sont les faits. D'un mouvement maladroit, ma main essuie les traces de larmes. Maintenant, je dois être fort. Pourtant ... je ne suis plus tout seul. Le bébé est là. Ma main retrouve sa place sur mon ventre. Là, il est en moi, et il souffre avec moi. Involontairement, mes pensées s'égarent à nouveau sur l'air qu'aura le bébé. Sera-t-il comme Tom ? Aura-t-il les mêmes fossettes quand il sourira ? Possédera t-il l'aisance de mon frère à la guitare ? Aura-t-il ses yeux chauds et bruns et son regard perçant ? Aura-t-il ... ? Merde, je devais m'arrêter ! Comment je peux penser à des choses aussi futiles à l'instant, alors que cet événement sera sûrement aussi important qu'Armageddon ? Est-ce que je suis encore à sauver ? Non, je ne le suis pas. Quelle question débile.
Tout ce qui m'était cher et sacré est aujourd'hui mis en jeu, et moi, l'idiot hallucinant, je réfléchis comme une jeune fille à l'enfant que je vais mettre au monde. Pourtant, je n'ai absolument rien à voir avec cette future mère, à part la grossesse. Est-ce que j'ai vraiment raison de m'imaginer à quoi ressemblera l'enfant ? Non, je ne l'ai pas. Mon Dieu, en fait, je n'ai aucune raison de faire quelque chose de semblable à cet égard. Je porte un enfant qui vient d'une relation incestueuse, et plus encore ... d'un amour de jumeaux ! Et c'est par cet enfant que, toutes ces années de travail difficile vont se briser. C'était notre carrière, ça aurait été notre amour à Tom et moi ou même notre célébrité si longtemps attendue.
Je ne veux pas non plus penser à ce que dira Maman si elle apprend que son fils est enceinte. Je veux encore moins m'imaginer leurs regards, à elle et Gordon, remplis de dégoût et d'incompréhension. Je ne devrais pas me prendre la tête avec ça. Se prendre la tête n'apporte jamais rien de bon et encore moins maintenant. Je dois seulement me réconcilier avec Tom. Le reste est de toute façon une affaire que je dois tenir au secret. Un soupir profond accompagne mon lever. C'est à cet instant que j'aperçois les rayons du soleil chauds, et les couleurs bariolées des feuilles qui répandent leur beauté tout le long de l'allée. J'entends également le rire lointain des enfants et les chants amusés des oiseaux.
Tout pourrait être si beau. Mais désormais ça ne l'est pas pour moi.

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Je descends du taxi et prie pour que personne ne puisse ne me reconnaître. Timidement, je remonte mon regard sur le trottoir. Personne dans les parages pour me voir. Dieu soit loué. C'est déjà assez compliqué de faire l'heure de dédicace cet aprèm. Et je dois mettre le masque du Bill Kaulitz que les gens aiment et respectent ... elles en rêvent des nuits entières. Elles, qui regardent en souriant les posters accrochés aux quatre murs de leurs chambres. Et de qui elles veulent un enfant. Pourtant, celles-ci n'ont aucun pressentiment de la vie, ces enfants pré pubères. Elles n'ont pas la moindre idée de la responsabilité qu'impute un bébé.
Mais qui est avec moi ? Ai-je le courage de porter seul cette responsabilité ? Oui, me chuchote mon instinct, tu te perceras d'un coup de dent si c'est trop lourd. Il reste à espérer que mon instinct protecteur a raison. Bien sûr Tom aura également une responsabilité sur cet enfant quand il en connaîtra l'existence, c'est évident. Mais l'acceptera t-il ? Ou voudra t-il jouir de sa vie comme chaque jeune dans la plupart des cas ?
Tom ...
Je traverse le hall d'entrée de marbre comme sur nuage et appelle l'ascenseur. Peut-être est-il dans sa chambre. Je dois m'excuser auprès de lui, rapidement. L'ascenseur se referme derrière moi et monte.
Premier étage. Deuxième. Troisième ...
Notre lien n'a peut-être pas changé. Je ne voulais pourtant pas m'emporter. Une grosse boule se forme dans ma gorge, l'asséchant impitoyablement. Une onde de culpabilité noie ma sécheresse et me laisse un goût amer d'impuissance. S'il me rejette ... je ne pourrais pas le supporter. Si Tom me tourne le dos maintenant ... je ne sais pas ce que je ferais. J'en ai besoin, désormais, encore plus.
La porte métallique de l'ascenseur s'ouvre en grinçant et je me tourne pour en sortir. Quelques mètres plus loin me voilà devant sa chambre. Je dois lui dire. Je dois lui dire que je suis désolé. Et que je l'aime presque encore plus qu'avant.
Ma main pesante se lève et tape avec hésitations quelques coups sur la porte. C'est si calme dans le couloir qu'on peut entendre les mites manger dans la moquette.
De l'intérieur de la chambre aucun son ne me répond.
S'il te plait grand frère, ne me rejette pas ... tu ne sens pas combien j'ai besoin de toi ?
J'attends. Les mites continuent leur banquet.
Rien. Les larmes montent.
Oh mein Gott, et s'il ne veut plus jamais me voir ?
S'il te plait ne fait pas ça. Je ne peux pas vivre sans toi. J'ai besoin de toi.
-« Tom. » déclare ma voix, enrouée.
Plus une supplication qu'une demande. J'attends à nouveau un moment. Les mites font une vraie orgie.
Toujours rien. Oh Gott. S'il te plait, ne fait pas ça Tommi.
Ne me laisse pas ici sous la pluie. Ne me laisse pas dans le froid cruel de ma faute. Tout est silencieux.
Ma boule revient, toujours aussi grosse, et pousse me larmes sur mes joues.
Je me détourne et prends la direction de ma propre chambre. Ce n'est pas possible. Tom, tu ne peux pas faire ça. N'est-ce que ça qui reste entre nous ?
J'ouvre la porte avec ma Key-card. Je la referme derrière moi et mes genoux cèdent sous moi, alors que je me laisse tomber durement sur le sombre parquet.
-« Tom. »
Je sanglote son nom dans un désespoir instable pendant que mes larmes glissent plus vite. Tout mon corps tremble à chaque sanglot, tandis que j'enroule mes bras autour de moi.
S'il te plait ne me laisse pas avec ma faute. Aie de la peine avec moi. Reviens moi et aide moi. Je t'aime. Je t'aime de tout mon c½ur.
Mes sanglots deviennent plus forts. Les tremblements aussi.
Reviens à ta famille. Oh, s'il te plait, reviens. J'ai besoin de toi. Nous avons besoin de toi.
La peur que mon jumeau se détourne de moi pénètre cruellement mes membres et me déchire intérieurement. Je ferme les yeux et me prends la tête dans les mains.
Des images remplissent mon esprit.
Tom qui me regarde avec haine.
Je me rends compte qu'il tient la main d'une fille.
Ils me sourient. Ils sont heureux.
Et puis des gens que je ne connais pas me montrent du doigt en riant.
Des personnes qui me déteste, moi et mon bébé.
Je suis seul. Sans toi je meurs.
Bitte Komm und rette mich (S'il te plait, viens et sauve moi).




Voilà, un chapitre fini encore ! =)
J'en suis à la lecture du ... 26 je crois --'
J'suis désolée d'être aussi lente, mais j'ai été vraiment vraiiiiment très occupée ces temps-ci -__-
j'ai des examens encore et encore et encore T_T et puis j'aime écrire aussi donc.
Bonne fin de journée ! =D

Je tenais à faire quelques précisions sur la réaction de Bill.
C'est vrai qu'à la fin, il pète un peu les plombs. Nous on ne voit pas
de raison pour s'emporter aussi violemment alors qu'il a juste mis une claque à son frère.
Mais si Bill s'en veut tant, c'est parce que cette claque représente l"erreur" qu'il a commise.
C'est donc parce qu'il se rend compte qu'il va faire subir beaucoup à son frère,
et que peut-être celui-ci ne l'acceptera pas qu'il se met dans cet état.
Par l'intermédiaire d'une simple baffe Lykos réussi des merveilles -___-


Gros bisous <3

© Stern_*

# Posté le mardi 25 décembre 2007 10:29

Modifié le vendredi 04 avril 2008 13:20