____CHAPITRE_____________-___ZWIESPALT_-______________3 Parties__________________Guitar_______
______,_04__+,______________-!___Désunion__!_____________.__Postées_:,_______________Lesson_:!____!
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Gustav est justement sur son shooting seul. Le pauvre. Il n'a jamais aimé le faire. Mais que ne fait-on pas pour la gloire. Gusti n'aime pas se laisser photographier, ni même son ombre. Je ferais mieux de regarder mon ombre tiens, je me rendrais peut-être compte que j'ai trop d'imagination. Le coup peut parfois venir de derrière. Comme maintenant.
Je reste en arrière, dérangé par mes affaires intérieures. Je laisse mon dos heurter le mur sans douceur et observe le shooting.
Gustav s'efforce d'adopter une pose sexy alors qu'il repose le bras sur la pierre. Ce n'est pas dans sa nature de faire ça. Mais il s'y force. Et c'est ce qui compte. Ce qui compte aussi, c'est ici et maintenant. La réalité. Je suis un garçon, et je ne peux pas être une femme enceinte en même temps. Voilà. Tout simplement.
Si simplement, que ma crainte irrationnelle me parait juste ... Bien que ce ne soit qu'un mauvais pressentiment. Le pire dans cette affaire, c'est sûrement que j'ai toujours raison en matière de mauvais pressentiment. Et c'est précisément le fait que j'ai toujours raison qui confirme mes craintes. Ca n'a pas de fin.
Je devrai peut-être réaliser que je n'ai pas assez les pieds sur terre pour réfléchir à ça. Un tel - si je peux l'appeler comme ça - concept, ne peut pas être vrai. Quel idiot suis-je ?
Aucun mec dans le monde ne gaspillerait une seule minute avec une telle pensée.
-« Bill ? »
Effrayé, je me cogne au mur et plonge mes yeux dans ceux de ma moitié, si semblables et pourtant si différents.
-« Tom ... alors, comment c'était ? »
-« Bien. Pourquoi tu n'es pas resté ? »
Difficile de faire la sourde oreille au ton de reproche qu'a sa voix.
-« Je ... j'avais besoin d'air frais. »
-« Tu ne te sentais encore pas bien ? »
Mes mains gesticulent fébrilement devant moi, repoussant l'éventualité.
-« Non non ! C'est seulement ... trop de mauvais air, à la longue, me donne la migraine. »
-« Hm. »
Il n'a pas l'air convaincu. Mais qu'est-ce que je peux faire d'autre ? Je ne veux pas qu'il s'inquiète. Il faudra donc se contenter de cette excuse. Et Dieu seul sait combien de temps, elle le retiendra.
Je me pousse lentement du mur, et me désintéresse de Tom, puisqu'il n'y a visiblement pas envie de discussions. Le regard qu'il porte sur moi est donc, simplement ignoré. Si je plongeais toujours dans ces miroirs sombres qui reflètent son âme, j'en serais certainement mort.
Gustav vient à ma rencontre, avec le visage cramoisi. Pour lui, les shootings seuls sont seulement embarrassants, et pratiquement hors de questions.
Je lui souris, encourageant.
-« C'est fini. »
-« Mmh. »
Il émet un soupir soulagé et on comprend que les mots lui manquent pour exprimer combien cette séance photo a été une torture, désormais révolue.
-« Il ne reste plus que Georg et on a fini pour ce matin. »
Sa constatation nourrit ma satisfaction. Certes, après le déjeuner, il y a encore une heure d'autographes, mais on peut l'accepter en considérant que l'après-midi est libre après cela. Bien que je ne suis pas sûr que ce soit bien pour moi. C'est vrai, Tom sera là et pourra toujours me distraire. Il est, néanmoins, inévitable que je sois parfois seul, et donc, que je dispose de temps pour organiser à nouveau des pensées irrationnelles et stupides. Je ne peux pas le changer.
Que reste t-il donc d'autre à faire, que de s'y résigner en espérant ne pas avoir trop de moments de solitude ?
Chaque putain de trait de plus que fait ma main, me fait prendre conscience qu'il est vraiment temps que cette séance d'autographes se termine. Après que chacun d'entre nous ait presque signé 400 autographes, il faut, en plus que nous y rajoutions un petit mot dévoué. C'est presque toujours la même chose en plus.
-« Salut Bill, pourrais-je avoir un autographe ? »
Mais clair. Pourquoi est-ce t'es là sinon, petite ?
-« Pourrais-tu rajouter quelque chose de personnel ? »
Logiquement, ta Star préférée le fait encore.
-« Je m'appelle Maria. »
Et, qui est-ce que ça intéresse ?
-« Merci beaucoup. Je dois absolument te dire que je trouve que tu es le meilleur. Je suis ta plus grande Fan. »
Puis-je attirer ton attention sur les centaines d'autres filles qui se trouvent derrière toi, et qui sont venues exclusivement pour la même raison aujourd'hui ?
Comme s'il avait pu lire dans mes pensées, David Jost s'avance et déclare la séance de dédicace officiellement terminée. C'est l'un des rares moments où j'embrasserais carrément ses pieds. Un murmure de déception général glisse dans la salle en s'amplifiant. La demande ne s'arrête pas pour autant.
Les Fans sont invitées poliment par la sécurité, à stopper leurs appels et reculer un peu. Professionnellement comme toujours, nous nous levons en faisant un dernier signe aux Fans qui se noient dans leurs larmes, avant de ré entrer dans le domaine VIP. Nous n'avons plus de temps.
Georg tient fièrement une culotte rose.
-« Hey les Jeunes, regardez ce qu'on m'a donné. »
-« Elle l'a porté avant ? » riposte rapidement Gustav, en ricanant.
-« Merde Gusti, tu l'as rêvé cette nuit ? »
Le rire de Tom entre dans la compétition, tout comme celui de Georg, mais avec une expression du visage magnifique. Je secoue la tête, résigné, mais je ne peux cependant retenir un rire.
-« Mais qu'est-ce que j'ai fais pour mériter une bande d'abrutis pareils ? »
Les trois me regardent comme offensés.
Mon frère prononce naturellement, en premier, une réplique.
-« Si ton grand frère n'avait pas été là pour faire attention à toi, tu aurais inévitablement échoué dans la vie. »
La déclaration maladroite est complétée par un sourire en coin et le haussement de sourcils inimitable de Tom Kaulitz.
Comment mal le prendre ? Je souris, fatigué. Dans le fond, oui, il a raison. Que ferais-je sans lui ? Il est tout à la fois pour moi. Frère, jumeau, ami, amoureux.
-« Et que faisons-nous maintenant ? »
Georg agite la culotte dans tous les sens avant de la balancer derrière nous, avec élégance. Evidemment, le dégoût l'aura vaincu. Tom hausse les épaules, Gustav nous regarde, embarrassé. Puisque j'ai besoin d'autant de distraction que possible, c'est peut-être à moi de proposer une idée en premier.
-« Vous voulez qu'on fasse un tour en ville, ou vous avez une idée ? »
-« Un McDonald's dans les environs serait parfait d'après moi. »
Typiquement Gustav. Affamé comme toujours.
Mon frère d'amour me consulte évidemment.
-« Tu voulais juste faire du shopping, et que je vienne avec toi porter tes sacs. »
Je lui offre mon sourire le plus mignon ; si mignon que c'en est presque écoeurant.
-« Bien sûr. Tu ne voudrais pas que je porte tout, tout seul et que je m'écroule ? »
Il grimace. Le fait d'être dégradé jusqu'à majordome ne lui lait guère, mais je sais qu'être à mes côtés lui suffit.
Liens de jumeau.
-« C'est okay. Tu viens aussi avec Georg ? »
Le concerné grogne, consentant mais un peu forcé. Pourtant, il ne semble pas vraiment sûr, qui de nous ou Gustav a le plus raison.
Comme je n'ai pas réellement envie de le savoir, j'accélère le pas vers l'avant, où se trouve la porte de sortie arrière au bâtiment.
-« On prend des lunettes de soleil et on y va, okay ? »
Les trois acquiescent et Gustav ajoute un avertissement que nous connaissons déjà tous :
-« Nous devons donner nos horaires à David. »
Tom soupire négligemment.
-« Ouais, il ne faudrait pas qu'il se fasse dessus. On est grands. J'vais lui dire. »
Il fait déjà demi-tour.
-« Tommi, je prends aussi tes lunettes dans le van ? » criais-je rapidement après lui.
-« Oui, prends-les. »
Il est déjà hors du champ de vision. Nous n'hésitons pas longtemps pour choisir nos accessoires de 'camouflage'. De notre propre expérience, chacun d'entre nous sait, combien il peut-être fatal de se montrer sans déguisements. Deux minutes plus tard, mon frère chéri revient et met ses lunettes de soleil. Il agit comme un des agents du film Matrix. Il faudra que je pense à lui dire à quoi il ressemble en faisant ça.
Enfin, nous fichons le camp en plein c½ur de Berlin. Accessoirement, mon frère nous raconte avec fierté, le torse bombé, comment David a d'abord refusé notre sortie et comment il l'a persuadé jusqu'à ce qu'il cède. Avec la condition que nous soyons de retour dans trois heures. Si nous ne le faisons pas il y aura des problèmes, car David calcule très certainement. Il peut faire pitié, réellement. Il nous doit ses premiers cheveux blancs.
Nous tournons dans une rue commerçante, où des gens s'activent. Tant mieux pour notre anonymat.
Poursuivant notre chemin, nous voyons d'innombrables magasins, allant de l'alimentation au prêt-à-porter, ou même aux téléphones portables. Nous nous arrêtons, enfin, devant un magasin de disques puisque Tom vient de trouver le nouvel album de Sammy Deluxe.
-« Les gars, j'vais l'acheter. Qui vient avec moi ? »
Les G's acceptent, mais je secoue la tête.
-« Je vous attends dehors, pas envie de voir des CDs. »
Et ils ont déjà pénétré à l'intérieur. Typique. Aucun gaspillage de temps.
Je regarde autour de moi, ennuyé. Quelques personnes me regardent de travers. Elles font sûrement une supposition quant à moi. Mais comme les gens ne sont pas à cent pour cent sûr de qui je suis, ils ne m'interpellent pas - pour mon plus grand bien -. Le soleil d'après-midi éclaire mon visage et chatouille ma peau. J'apprécie la chaleur au maximum. Le soleil est réellement superbe. Mes yeux parcourent à nouveau, négligemment, les alentours, les personnes qui ont des rendez-vous, les voitures et les magasins. Jusqu'à ce qu'ils restent accrochés à une vitrine qui n'aura pas du attirer mon regard. Dans celle-ci se trouve une affiche, d'un bébé à la peau rose qui rie. A ce sujet, il est écrit en grosses lettres d'imprimerie, une publicité qui vante un test de grossesse favorable et très sûr. Mon c½ur commence soudainement à battre de plus en plus fort, alors que mes doigts se rafraîchissent. Oh Dieu. Ce n'est pas possible.
Tout le monde conspire donc contre moi ?
Qu'est-ce que je suis entrain de me faire croire ? Quoi ? Je suis un gars merde ! Je suis un garçon *garçon* ! Un mâle ! Au sexe adéquat !
Bien que je ne sois pas réellement un exemple pour tout le monde, car j'ai une coiffure de fille. Et que j'aime lire des magazines féminins. Et que j'achète très souvent des vêtements au rayon femme. Okay, et parce que je me maquille. Et aussi, parce que, comme des mauvaises langues l'affirment, j'ai les traits féminins.
Elles l'affirment, ou elles le savent ? Une voix résonne dans ma tête. 'Elles le savent', dit-elle, blessante. Elles savent mieux que toi-même comment tu te montres, et qui tu es ... non ?
Je reste juste là, comme ça pendant un long moment, sans plus rien sentir. A cet instant, chaque personne normale se moquerait de moi ou secouerait simplement la tête avec pitié. Je suis malade mentalement. Ca doit être ça. Pendant un moment, mes pensées se concertent et finissent par admettre que j'incarne plus de féminité que de masculinité. Et mes pieds croient visiblement la même chose que mon esprit. Ils se mettent en marche. Ils me dirigent vers la pharmacie.
La certitude crie après la confirmation. Certitude. J'ai besoin d'une confirmation, autrement ça ne se terminera jamais.
Un souffle me parvient alors que la porte s'ouvre. Ca a une odeur assez indéfinissable, un mélange de médicaments, onguents et comprimés divers.
Aucun client devant le comptoir. Juste une pharmacienne derrière. Elle m'observe soupçonneusement.
-« Puis-je vous aider ? »
-« Un test de grossesse. » prononcent mes lèvres traîtresses, sans que je ne leur en donne l'ordre.
La dame, début de la cinquantaine les cheveux légèrement grisonnants, m'examine une nouvelle fois à travers ses lunettes.
-« De la vitrine ? »
J'acquiesce. La pharmacienne se détourne et fouille dans un tiroir. Rapidement, elle pose le petit emballage multicolore sur le comptoir et énonce le prix.
Merde, mais qu'est-ce que je fais ici ? Mon royaume pour que personne n'entre dans cette putain de pharmacie !
Il m'est presque trop difficile de parcourir les deux mètres qui me séparent du comptoir et de poser dans sa main le billet, en tremblant.
Pas de doute que ces doigts sont bien plus chauds que les miens.
-« Ce ne serait pas un enfant désiré, si je puis me permettre ? »
Je relève la tête et regarde la pharmacienne à travers mes lunettes, comme si je n'avais pas compris.
-« Pardon ? »
-« Vous êtes, au cas où le test serait positif, tombée involontairement enceinte ? »
Ma bouche s'entrouvre, et je dois me rassembler pendant un instant avant de digérer sa question. La vieille me prend réellement pour une FILLE ! Elle me prend pour une femme ! Mais elle a des tomates dans les yeux ?
Je veux protester méchamment, mais ma raison m'arrête à temps, et je réalise que c'est mieux comme ça. Il est sûr à cent pour cent qu'elle ne m'a pas reconnu. Il s'agit donc de trouver au plus vite une réponse.
-« Mmh ... c'était ... un accident. »
Les traits de la pharmacienne s'adoucissent et elle me regarde déjà avec compassion.
-« Alors je vous souhaite bonne chance. »
Je me la souhaite aussi. Et à vous la peste.
J'acquiesce rapidement, enfonce le test profondément dans mon sac avec fébrilité, et fait demi-tour sur la seconde, ne voulant pas rester dans cet endroit maudit plus longtemps. Enfin dehors, j'inhale un grand trait d'air frais.
Je ne remarque que maintenant, mes genoux tremblants, mon pouls extrêmement rapide et la sueur froide sur la paume de mes mains.
Les mètres me séparant du magasin de disques me paraissent des putains de kilomètres. En ce moment je ne sais même plus où se trouve ma tête.
Maintenant, j'ai envie de d'éclater de rire face à la bêtise que j'ai faite, ou de me gifler. Mais une autre partie de moi voudrait la certitude.
C'est comme si tous mes pressentiments, toutes me craintes que j'ai eu au cours de ma vie me revenaient. Chaque moment, où j'ai été ridiculisé parce que j'étais différent, ou dans lequel quelqu'un aurait fait une remarque à propos d'un comportement, d'un geste que j'aurais fait en dehors des normes, défilait à mes yeux. Il y a eu plus qu'assez de moments tels que ceux-là. Et assez de paroles pour me dire que je n'étais pas normal. Que je ne l'ai jamais été aussi.
Je réussis à m'appuyer contre la vitrine, pour pouvoir tenir debout, sentant mes genoux prêts à céder.
Je ne suis pas normal. La phrase me parait tout autre, et dite presque comme un fait attesté, prouvé. Cependant, je ne dois peut-être pas la croire. La paix entre en vigueur, permettant une nouvelle réflexion, qui demande si cette phrase est réelle, et si elle ne l'a jamais été.
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Officiellement, Lykos en est au chapitre 17
(elle l'écrit en ce moment ^^).
Comme vous le voyez ... on a de la marge xD
Comment vous trouvez ? =D
J'ai acheté le DVD Live.
Il est ... *ç*